Quand nous sommes ensemble, même après la fête, c’est toujours la fête

– Alors ? Ça te fait quoi ?

– L’impression d’avoir franchi un cap dans notre relation

– Un cap ? Comment ça ?

– Ben… je ne sais pas comment être plus claire… explicite… j’ai fait mon entrée officielle dans ton monde, puisque tu m’as présentée à tes amis… c’est un sacré cap, non ?

– Je ne parlais pas de… oh ! Tu vas me le payer, ça, poupée !

Je fais semblant d’essayer de m’échapper, de fuir la sanction qui plane au-dessus de moi, de me réfugier dans la cuisine, mais Anastase me capture sous les yeux rieurs de Tom. Nous sommes tous les trois un peu ivres, tant de l’alcool que de la bonne humeur, du bonheur de cette fête d’anniversaire. Cédric, Sébastien et Mathieu viennent de partir avec la promesse de nous revoir bientôt.

Nous formons un bien étrange trio, Anastase en tenue de bal de Ron Weasley, Tom dans son costume de Superman et moi avec cette jolie robe cousue par mon tendre amour, mon prince charmant. Il en soulève le bas pour me donner une fessée, puis se ravise après les deux premières claques. Il montre mon derrière à Tom.

– Tu as vu comme sa peau rougit vite ? 

Sa main caresse plus précisément, tout doucement la raie de mes fesses

– Tu n’as pas trop mal, ma poupée ?

– Non… pas mal… mais c’est super sensible… parce que vous m’avez fait beaucoup jouir… alors… c’est hyper sensible… mais non… je n’ai pas mal ! J’aime cette sensation… me sentir pleine… j’ai juste…

– Tu as juste… quoi ?

– Je me demande ce que ça va faire quand je le retirerai… Mais qu’est-ce que j’ai aimé ça ! À tous points de vue… être… ne pas maîtriser mon plaisir… ne rien pouvoir anticiper… être soumise à vos… impulsions… que tu livres mon plaisir… être… être ta chose… Et toi ? Ça t’a fait quoi de me faire jouir dans les bras de tes amis sans qu’ils le sachent ?

– C’était super excitant ! Te faire jouir à distance… en public… un magnifique cadeau, poupée !

Anastase semble hésiter avant de poursuivre

– Ça t’ennuierait de… une dernière fois… rien que devant Tom et moi… ?

Je souris en hochant la tête

– C’est ton jour, mon amour ! Tu es le roi de la fête !

Je sais précisément ce qui le comblerait tout à fait, alors, je détache un à un les boutons de ma robe…

– Attendez ! Je reviens !

Tom se lève d’un bond et entre précipitamment dans notre chambre, nous l’entendons pester un peu, mais je n’en cesse pas pour autant mon lent déboutonnage, je suis fascinée par le regard d’Anastase et par ses mains qui semblent me caresser à distance. Putain, c’qu’il est beau !

Quand Tom revient, en costume de ville, celui qu’il portait en arrivant chez nous, je viens juste de dégrafer le dernier bouton. J’écarte les pans de ma robe et, à la demande d’Anastase, tourne sur moi-même. Il se lève, s’approche de moi et finit de me déshabiller. Ses lèvres sur ma nuque…

– Si tu savais comme j’aime jouer à la poupée avec toi… poupée… !

Une première vibration me surprend et Anastase rejoint Tom sur le canapé.

– Tourne encore… lentement… plus lentement, poupée… oui… comme ça… mais arrête de sursauter comme tu le fais !

– T’as qu’à… outch ! … arrêter de jouer… hmmm… outch !

Je regarde la main de Tom sortir son sexe du pantalon et avant même que je pose la question, il y répond.

– J’ai envie comme ça, ce soir… comme si je t’espionnais et que tu ne me voyais pas… que tu ne le savais pas…

Je vais dans la chambre en leur demandant de ne pas bouger. Je reviens avec un plaid qu’Anastase avait posé sur la commode le temps de la fête. Je le lance sur leurs genoux, ne m’éloigne pas trop d’eux et reprends cette danse lascive… Les ondes de plaisir me foudroient tout autant que leurs commentaires.

Anastase  se lève, se met derrière moi, une main posée sur mon « coussin d’amour ». Je sens son sexe dur à travers ses vêtements, je regarde le téléphone posé à côté de Tom et y vois la courbe des impulsions qu’Anastase a programmées pour me faire jouir.

Comme ça nous arrive parfois, nous oublions la présence de Tom, tout en sachant qu’il est là… Nous composons une étrange mélodie de mots d’amour d’Anastase, entrecoupés d’autres mots cochons à souhait, cochons comme je les aime, de mes gémissements, de mes grognements de plaisir, et en contrepoint, le tzz tzz des frottements de la main de Tom sur le tissu plaid.

Anastase s’arrache de mon corps, me fait pivoter pour ne rien perdre du spectacle, s’assied aux côtés de Tom… il me connaît déjà parfaitement…

– Regarde ! Regarde ! Tu vas voir… ! Penche-toi un peu, poupée… ! Un peu plus ! Oui, comme ça ! Regarde, Tom ! REGARDE !

Je tombe à quatre pattes en jouissant.

– Comment ne pas être raide dingue de ce corps ? De ce cul ? ! Regarde ! Regarde, Tom !

Anastase ne cesse de jouer que lorsque je le supplie

– OooOOOooohhh… ! Je vais mourir, mon amour ! Tu vas me faire mourir… !

Bacchante couchée – Sculpture d’Auguste Clésinger (photo : Patrick Delevoy)

Anastase me rejoint, je suis couchée sur le flanc, encore agitée des spasmes de cette suite d’orgasmes, avec une délicatesse rare, il retire enfin le jouet de mes fesses, en me susurrant une tendre cochonnerie à l’oreille. Tom s’excuse, dans une exclamation amusante, d’avoir salopé le plaid.

Pour me punir d’avoir mis son pote dans l’embarras, Anastase me fesse allègrement, en me répétant à quel point il est fou de mon gros cul rebondi. J’aime la pureté de l’orgasme que m’offre la conjonction de ses mots, de ses claques, de la situation.

Je regarde Anastase quand il rit, ivre de bonheur, étendu sur le sol, les bras en croix, dans cette tenue ridicule… putain, c’qu’il est beau ! 

Toute à ma contemplation, je salue distraitement Tom, sans réaliser qu’il retourne chez lui. Je n’en prends conscience que lorsqu’Anastase me remercie d’avoir joué le jeu, d’avoir été sa poupée, son plus beau cadeau. Quand je lui réponds que tout le plaisir a été pour moi, nos yeux se renvoient les images du film de notre bonheur depuis cette soirée de juin où nos routes se sont croisées, où nos vies se sont enfin trouvées…

Je le regarde se lever, attraper quelque chose que je ne distingue pas.

– Tiens… c’est pour toi, ma poupée d’amour…

Quand il me tend ce petit paquet, je remarque ses mains qui tremblent un peu, son sourire et son regard un peu inquiets.

Assise entre ses cuisses, dans ce que nous appelons « notre position de complicité », son menton au creux de mon cou, j’ouvre le paquet, un petit cahier un peu étrange, comme un scrapbook,  et un truc plat et dur emballé à part. Je sens le cœur d’Anastase battre à tout rompre dans mon dos.

– Si tu savais le trac que j’ai, ma poupée… ! Un trac fou…

Je prends sa main, la pose sur mon pubis, son autre main caresse mon sein… je le connais assez pour savoir qu’ainsi, il se rassurera… ses lèvres se font délicates sur le lobe de mon oreille… j’ouvre ce petit carnet et en commence la lecture.

(à suivre)

 

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