Ces quatre-vingt-dix heures vécues par Anastase

Retrouvez la merveilleuse lecture que Charlie a faite de cette lettre

(et profitez-en pour écouter la lettre écrite par Clarissa Rivière, si vous cliquez sur cette phrase hop, c’est magique, vous atterrirez sur son blog !)

Pendant ces quatre jours, pendant que je cherchais à me convaincre que cette romance naissante ne résisterait pas à ce week-end, que retourné à sa vie, Anastase n’aurait pas envie de prolonger ce rêve, quand je me demandais s’il lui arrivait de penser un peu à moi, à ce que nous avions partagé, il écrivit cette lettre qu’il ne me fit pas lire avant son anniversaire.

Ma poupée d’amour,

Je n’aurais jamais imaginé, en lisant tes textes, que tu serais celle que tu es. Je n’aurais jamais cru qu’une femme comme toi puisse un jour me remarquer. Avant ton regard, j’étais un ectoplasme anonyme, un peu laid, bien trop roux, bien trop poilu, cachant mon mal-être derrière mes lunettes aux verres épais et mes éclats de rire. Mes blagues ne faisaient rire que moi.

Et le hasard nous a mis en présence l’un de l’autre. Et tu m’as vu ! Et tu m’as permis de t’approcher, de te parler, de te toucher, de t’embrasser et ce supplément de bonheur quand tu riais de mes conneries !

J’aurais voulu te dire que sentir ta peau, découvrir ton corps alors que tu m’en interdisais la vue, fut une expérience hors-norme !

J’avais tant de choses à te dire, mais il a fallu que tu repartes chez toi. Je sais que tu ne reviendras pas vers moi. Je le sais, mais une petite voix, au fond de moi me dit que je me trompe. Que tu as réellement aimé ces deux jours. Ta bouche ne mentait pas quand elle me suçait comme elle m’a sucé ! Ta peau ne mentait pas quand elle frémissait sous mes caresses.

Quelle autre femme aurait pu me dire « Quelle poisse, mes poils sont trop épars, trop fins pour que tu puisses constater comme ils se dressent quand tu me touches comme ça ! » ?

Quelle autre femme aurait pu me dire « T’es quand même un sacré veinard d’être velu ! » et surtout le penser ?

Quelle autre femme que toi aurait pu me sourire quand j’ai affirmé que nos lunettes avaient envie de faire l’amour ensemble ?

Quelle autre femme que toi m’aurait demandé « Comment imaginerais-tu qu’elles le fassent ? »? Quelle autre femme aurait pu mimer « une étreinte torride et opticienne »?

Quelle autre femme m’aurait caressé, embrassé, branlé en me demandant « Montre-moi comment tu les ferais baiser ensemble ces putains de lunettes ! » ?

Deux jours, rien que deux jours, mais quels deux jours ! Tu n’as pas idée de ce que ces deux jours représenteront à tout jamais dans ma vie.

Je suis à ma table de travail et je cherche mon odeur en levant le bras, parce qu’elle te rendait folle de désir. Parce que tu es la première à m’engueuler à propos de mes complexes, parce que tu m’as « prouvé par l’exemple » que tout ce que je considérais comme des tares étaient en fait mes atouts.

Quand tu me faisais constater l’état de ta chatte quand tu venais de me renifler sous toutes les coutures. Tu râlais « Arrête de dire des conneries, tiens, regarde ! Touche ! Goûte ! Merde, tu es si beau ! Tellement sexy ! Tu n’as pas le droit d’être complexé ! »

Et quand je te retournais le reproche, tu plaquais ton sexe humide contre ma bouche « Une aussi jolie bouche que la tienne, c’est pécher que de lui faire dire de telles conneries ! Sers-t-en plutôt pour me faire jouir ! »

La tête entre tes jambes, quand tes doigts s’agrippaient à mes cheveux, quand tu me disais « Encore… ! Encore… ! » quand tu me laissais te fouiller, te dévorer, quand tu bénissais ma langue, quand tu appelais mes doigts à la rescousse « pour jouir encore plus fort » quand tu me criais « Je t’aime ! »

Jamais une femme ne m’avait dit ce que tu m’as dit, jamais une femme n’avait fait cette comparaison « Tu te rappelles des « poupées qui parlent » ? Tu sais, celles qui disaient « Maman ! » quand on appuyait sur le bouton dans leur dos ? Et ben, moi, je suis un peu pareille, quand je jouis très fort, je crie « Je t’aime ! », mais il ne faut pas que ça te fasse peur, c’est juste comme ça que j’ai été fabriquée »

Tu sais si peu de moi, pourtant tu en sais bien plus que la plupart des gens. Parce que tu as su m’offrir du plaisir comme on offre un coup à boire à un ami dans la détresse, de bon cœur, parce que tu as accepté de t’offrir à mes caresses, à mes baisers sans réticence, parce que tu m’as reconnu.

Deux jours. Deux jours et ma vie est à tout jamais bouleversée.

Si tu me revenais, je te dirais ce que je n’ai pas osé te dire. J’essaierais de dominer ma peur de t’effrayer. Pourquoi te trouves-tu laide ? Pourquoi dis-tu que tu es difforme ? Pourquoi notre différence d’âge poserait problème ? Si tu me revenais, je te dirais encore et encore que tu es belle, que tu es réellement belle, que ta beauté me fait chavirer, me donne des envies…

Je reprends ma lettre après une « pause branlette ». Je pense à toi, je bande, je me souviens de tes mains et j’essaie de me branler comme tu le faisais. Mais je n’entends pas ton souffle, ces petits « oh ! » quand tu regardais ma « jolie queue » réagir à tes caresses. Putain, je bande encore !

Deuxième pause branlette ! C’est ouf, j’ai l’impression que je ne me suis jamais autant branlé que depuis que tu n’es plus là. Ça ne m’étonne pas, en fait, parce que je n’ai jamais été autant touché, autant léché, autant sucé, autant pompé, autant branlé que pendant ces deux jours.

Comme j’ai aimé quand tu faisais ta prof, surjouant le truc pour que je ne me méprenne pas ! « Tout est question de définition. Le problème des êtres humains c’est qu’ils ne mettent pas le même sens aux mots » et tu m’as expliqué ce que signifiait pour toi « toucher », « lécher », « sucer », « pomper », « branler », quand je pensais faire un cuni, tu m’as dit les mots que tu donnais à chacun de mes gestes, des mouvements de ma langue, de mes lèvres… et tu as conclu par « ça pourra servir un jour ou l’autre »

Un jour ou l’autre… je me raccroche à ces mots, pour garder l’espoir qu’un soir, en sortant du boulot, je te retrouverai là, assise devant une tasse de thé, ton cahier ouvert devant toi et ton stylo dansant sur les pages.

Je rêve que tu sois là, que tu me permettes encore une fois de te faire l’amour, de profiter de ton corps. Parce que je l’aime ton magnifique corps, ton corps sublimé par ton histoire, par tes grossesses, ce corps qui n’enfantera plus, qui n’a plus à penser à la maternité, ton corps qui peut se consacrer au plaisir, aux plaisirs.

Ton corps rond à la peau si douce, ton corps que j’ai eu tant de mal à pouvoir admirer. Tu y voyais de la pudeur, de la décence, pour ne pas me piquer les yeux, je n’y voyais que ton désir égoïste de m’en interdire sa vue, comme on protège un trésor.

Je dois finir cette lettre, mon travail m’attend. Je vais dessiner des tenues pour des femmes que je ne désire pas en pensant à toi que je désire tant. Mais après, quand je serai seul à l’atelier, je couperai du tissu et je te ferai une nouvelle robe, comme je le fais chaque soir depuis que tu es partie, tu es ma poupée d’amour, ma poupée mannequin, ma poupée qui crie « Je t’aime ! » quand elle jouit…

Je donne un nom à chacune des robes que je te destine, celle-ci, la quatrième, je l’appellerai « la robe branlette » parce qu’en t’imaginant la porter, parce qu’après t’avoir écrit cette lettre, je vais encore devoir me branler… trois branlettes pendant ma pause déjeuner, tu crois que ça entrerait dans le Guinness Book ?

Je t’embrasse et je te désire, ma poupée d’amour, ma poupée mannequin, ma poupée qui crie « Je t’aime ! » quand elle jouit.

Ton Anastase

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