La règle du jeu

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Anastase arrive avec « la boîte de jeux », ce petit coffret que nous avons décoré ensemble. À l’intérieur, une pochette de satin noir, trois séries de boutons identiques en forme, en taille et en texture, seules divergent les couleurs. Je prends ma série de bouton, Anastase prend la sienne. Après « vérification officielle » de l’intégralité de la troisième série, nous en remplissons la pochette. 

La règle est simple : une couleur = une position, une caresse. 

Avant de débuter le tirage au sort, nous glissons dans une petite boîte d’allumettes l’option dont nous avons envie. Le plus difficile est de déterminer laquelle de nos mains est la plus innocente… ! Aujourd’hui, c’est la mienne. 

De la pochette, je sors un bouton rouge. Ce sera donc sodomie. Un sourire naît sur le visage d’Anastase. Putain, c’qu’il est beau ! J’ouvre la boîte d’allumettes et j’éclate de rire. Deux boutons jaunes…

Tu ne pourras plus te plaindre de mes fessées, poupée !

Et pourquoi donc ? Depuis quand je n’ai plus le droit d’être de mauvaise foi ?

En riant, Anastase remet les boutons dans le coffret. Putain, c’qu’il est beau !

Je sais à quoi tu penses, ma poupée ! Tu te dis « Putain, c’qu’il est beau ! » si tu savais comme j’aime ce que tu vois de moi… !

Je le regarde faire tourner un bouton jaune entre ses doigts et ma question fuse avant que j’aie pu me demander d’où elle venait.

 Pourquoi ne m’as-tu jamais détrompée quand je croyais que modifiais des robes pour moi ? Pourquoi as-tu tant tardé avant de me dire quel est ton boulot ?

 Je te l’ai dit dès le début, dans les lettres que je t’écrivais, dans mon journal intime !

 Que tu ne me faisais pas lire, mon amour !

 Que voulais-tu que je te dise ? Que je suis créateur de mode ? Tu aurais pensé « Oh la classe ! » et puis… j’aurais précisé « pour les rayons confection des chaînes de supermarchés » et là… adieu l’admiration !

Un rictus désabusé abîme son si joli visage. Je me prends ses mots en pleine face, comme un crochet du droit que je n’aurais pas vu venir. Je déglutis douloureusement, des larmes me brouillent la vue. Anastase le remarque, il se lève, me prend dans ses bras.

 Que marmonnes-tu, poupée ? Dis-moi… pourquoi cet air si triste ?

Les larmes jaillissent de mes yeux avec la même puissance que mes mots de ma bouche.

 C’est ainsi que tu me vois ? Tu as VRAIMENT cru que je pourrais penser ça de toi ? !

Anastase réalise que ses stupides complexes pouvaient me blesser davantage que les miens. Il sèche mes larmes avec de délicats baisers.

 Ma poupée d’amour, comment me faire pardonner ?

 En acceptant l’admiration que j’ai pour toi comme une évidence et…

 Et… ?

 En me dessinant la robe que… la robe dans laquelle tu me trouverais irrésistible…

 Mais… je te trouve irrésistible ! Que tu sois nue ou habillée ! Parce que TU ES irrésistible !

Tss tss tss ! Tu ne t’en tireras pas aussi facilement ! La robe que je n’aurais jamais imaginé pouvoir porter, mais qui m’irait à ravir… grâce à ton œil avisé, professionnel, tu aurais eu la certitude qu’elle me sublimerait… et tu aurais eu raison… la seule contrainte que je t’impose, c’est qu’elle soit pourvue d’une poche à l’intérieur, au niveau de ma hanche droite…

 De ta hanche… DROITE ? Tu as bien dit « droite » ?

– Oui ! Parce que de ma petite, de ma jolie main GAUCHE si agile, je pourrais en sortir un bouton de la couleur de mon fantasme de l’instant… et… Oh non, mon amour ! T’es trop beau ! Si tu souris comme ça… ça me fait un clac dans mon cœur… et plus bas, ça fait…

 Ça fait ?

Pour toute réponse, j’attrape sa main… floc floc… ses doigts font chanter ma chatte… Sa voix fait onduler ma peau quand il me demande en mariage.

 D’accord, mais après la partie…

Tu as raison… après la partie !

Anastase me déshabille comme j’aime qu’il le fasse. Je lis dans ses yeux qu’il pense à ce jour où je lui ai avoué « Depuis que je te connais, j’adore m’habiller parce qu’en le faisant, je pense au moment où tu ôteras mes vêtements… entre tes mains, je deviens une poupée »

Montre-moi tes jolies fesses, poupée !

Oohh… fallait me dire « montre-moi ton gros cul ! »

Alors… montre-moi ton gros cul, poupée !

Ben merci ! Voilà qui est flatteur… « ton gros cul »… vraiment ! Me dire « tes jolies fesses », ça t’aurait arraché la bouche ?

Anastase bégaie à moitié

Mais… mais… quoi que je dise, tu le prends mal ! Que t’arrive-t-il ?

Je voulais te mettre en condition… mériter une belle fessée… pour une fois… !

POUR UNE FOIS ? !

Je m’échappe en riant et me réfugie dans le lit clos. 

Mais où te caches-tu, petite créature ?

J’ai recouvert mon visage et le haut de mon corps de l’édredon, comme les chats qui se pensent invisibles en mettant la tête au milieu d’un buisson, mais dont on voit le corps se tortiller avant qu’ils ne bondissent sur leur proie.

Ma poupée ne veut pas admettre qu’elle est une fée, pourtant… pfuit ! elle disparaît d’un coup ! Comme ça ! Elle se rend invisible… Oh ! Mais que vois-je ? Elle m’a laissé son derrière ! Son magnifique gros derrière pour que je puisse m’amuser avec !

PAF ! La première claque m’enflamme. Comme à chaque fois, mes fesses se tendent vers la main d’Anastase, qui les délaisse. Je l’entends s’éloigner de moi. Il sifflote joyeusement pour masquer le bruit de son pantalon glissant le long de ses jambes, pour masquer celui du flacon de gel qu’il ouvre, mais sa ruse fait long feu, car tous mes sens sont en alerte.

PIF ! PAF ! POF ! Trois nouvelles claques se succèdent, un peu plus sèches, un peu plus appuyées, dans un crescendo sensuel. J’en connais la raison. Mes fesses commencent à rougir, je les sens devenir brûlantes…

Anastase verse une grande quantité de gel sur mon derrière à peine endolori… Putain, ce que j’aime quand nous jouons comme ça ! Que j’aime être sa poupée ! Ses mains m’enduisent, je tends un peu plus mon derrière, pour que ses caresses se fassent plus précises. Il fait semblant de ne pas le remarquer. N’y tenant plus, j’écarte mes fesses.

Là aussi !

Hin, hin… j’ai réussi à faire réapparaître tes mains, petite créature !

Je répète ma supplique, écartant davantage mes fesses. Je sens le bout de son doigt sur mon anus.

Ici, tu veux dire ?

Oui… ! Ici aussi !

Avec quoi le fouette-t-il ? La douleur est cinglante tout autant que jouissive. Il recommence. Une fois. Rien qu’une fois. Anastase me connait si bien ! Même si c’est la première fois qu’il me fouette ainsi, il sait s’arrêter avant que ça ne devienne désagréable. Il calme ma sensation de brûlure avec du gel. Je sens son index me pénétrer, rapidement rejoint par son majeur.

Ne lâche pas tes fesses, ma poupée d’amour…

Fesse-moi encore, mon amour… encore un peu… quelques claques sur mon gros cul, steuplé… !

Alors, sors de ta cachette et relève la tête ! Que je puisse voir tes yeux dans le miroir…

Je m’exécute. Nos regards se croisent. Il me sourit et me fesse. Une fois. Deux fois. J’aime sa façon de pencher son beau visage pour attraper, une fois de plus, le flacon de gel… Il me regarde à nouveau, sourit.

Tes lèvres sont gonflées de désir, poupée !

Mes lèvres ? Desquelles parles-tu ?

Je sais parfaitement qu’il parlait de celles de mon visage, mais je n’ai pas pu résister à cette effronterie qui me faisait de l’oeil…

PIF ! PAF ! POF !

Insolente ! Tiens, v’là pour ton cul !

Mon plaisir déchire mes entrailles, je le crie quand il me pénètre, d’un seul coup de rein, de tout son long. Il se retire.

Encore… !

PIF ! PAF ! POF !

Il m’encule à nouveau comme un soudard, déclenchant mon « JE T’AIME ! » animal, hurlé à pleins poumons. Il se retire.

Encore !

PIF ! PAF ! POF !

JE T’AIME !

Il se retire.

Encore…

PIF ! PAF ! POF !

JE T’AIME !

Je me sens couler de désir quand ses doigts fouillent entre mes petites lèvres. Il me regarde, me sourit. J’ai compris que le temps est venu de nous marier. Son sexe dur au fond de mes fesses, sa bouche ruisselante d’excitation, il articule de cette voix particulière, à la fois grave et métallique

Veux-tu être ma femme ?

Oui ! Oui, mon amour ! Je le veux ! Et toi, veux-tu être mon mari ?

Son regard est incandescent, brûlant d’amour, quand il me répond « Oui ! Oui, ma chérie, ma poupée ! Oui ! Je le veux ! » Alors, je sens ses doigts prendre possession de mon vagin, je les sens caresser sa queue immobile, fichée au plus profond de mes fesses.

Nos épousailles sont à l’image de notre couple, pas très conventionnelles, mais elle ne concernent que nous et nous n’en désirons pas d’autres. Je sens mon vagin se contracter autour de sa main, je sens sa salive couler sur mes reins, je guette dans ses yeux ce qu’il guette dans les miens, ce moment précis où nous deviendrons un, où nous nous envolerons vers l’orgasme total, vers le plaisir absolu.

La narratrice est bien gentille, bien arrangeante avec tout le monde, mais il ne faut pas la contrarier… !  😉

 

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