« Fallait pas me contrarier ! »

Allongés dans le sous-bois, ça fait au moins quinze fois qu’on se dit « il est temps d’y aller », ça fait au moins quinze fois qu’un regard, qu’un sourire, que le souffle de sa main juste avant qu’elle ne se pose sur mon poignet, nous font renoncer… On est si bien ! Anastase prend soudain ses affaires roulées en boule dans ses bras et s’éloigne en me mettant au défi

Le premier arrivé à la voiture encule l’autre !

Le plus drôle, c’est que je me hâte alors que l’idée qu’il le fasse me conviendrait plutôt bien ! Sa stratégie est payante, puisque moins de 5 minutes plus tard, je suis assise à ses côtés, en route pour le village en ce jour de marché ! Il est probable que Tom passe nous voir et Anastase voudrait lui proposer de rester quelques jours Il n’aurait jamais cru prendre autant de plaisir à me faire l’amour devant son ami, à le regarder se branler, à commenter ensuite…

Raconté comme ça, ça peut paraître glauque, mais ça ne l’est pas. Tout au contraire ! C’est vraiment un échange intéressant, une façon pour moi d’en apprendre un peu plus sur la sexualité masculine, une façon pour eux de partager et aussi de me demander mon ressenti en tant que femme.

Un peu plus tard

Alors que nous nous dirigeons vers la voiture, les bras chargés de ce que nous venons d’acheter au marché, nous croisons l’artisan à qui j’avais confié la réalisation du panneau. Il me demande s’il a obtenu l’effet escompté, pour toute réponse, Anastase nous gratifie d’un de ses magnifiques sourires. J’aurais aimé garder le secret sur mon plan machiavélique, de la conception à la pose, mais l’artisan s’enflamme et dévoile tout ! Il est content qu’on vienne régulièrement redonner vie à cette baraque, même si elle est à l’écart du village, et d’en avoir fait notre territoire magique.

Je me demande s’il a lu mes textes. Parfois, j’en suis certaine, parfois je suis certaine du contraire. Quand il demande à Anastase s’il compte « faire venir l’eau et l’électricité dans la maison« , je me dis qu’il ignore tout de mes écrits. Mais quand Anastase lui répond que non, l’artisan conclut par « pour garder la magie du lieu » et il me semble déceler un certain éclat dans son sourire, dans son regard, une complicité qu’on n’a pas besoin de revendiquer…

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Tom est arrivé plus tôt que prévu, il nous attend, souriant sous le panneau « Ouah ! Je kiffe de ouf ! » mais il ajoute « Tu as aimé la surprise ? » je fronce les sourcils et Anastase fait semblant de se plaindre « TOUT LE MONDE était au courant SAUF MOI ! » j’ai beau argumenter, expliquer que DEUX personnes, ce n’est pas tout le monde, il continue pour le plaisir de me voir lui demander pardon à genoux. Je le suce un peu puis, prétexte avoir à préparer le déjeuner, j’aurais voulu me lever… hélas !.. comment me résoudre à ignorer son membre ainsi dressé ?

Je trouve que ce bleu te va bien à la bite, mon amour… !

Anastase rit, veut ôter son pantalon, mais je ne le laisse pas faire. À nouveau, je prétexte la préparation du déjeuner…

T’inquiète, j’ai ramené de quoi… Trois minutes au micro-ondes et ce sera prêt !

Je regarde Tom, atterrée, je veux lui rétorquer que sans électricité… mais il éclate de rire

T’as raison ! Elle marche pas, elle court !

Tu vas le regretter, Tom ! Je vais te le faire payer et cher ! Déjà t’as gaffé pour le panneau et maintenant, tu te fous de moi ? ! ?

Avec le regard plein de candeur lubrique, ils veulent en savoir plus sur la sanction que je réserve à Tom. J’essaie de prendre un air sévère, en fait, je n’en ai pas la moindre idée…

Vous en saurez plus après manger…

Tom nous apporte son sac rempli de victuailles.

 J’ai pensé que ça vous ferait plaisir, ça doit vous manquer à force…

Je suis surprise de sa remarque et je réalise que nous sommes à Trolouinde depuis une semaine ! Notre deuxième été… Je pense au regard d’Anastase quand il m’a dit « Tu te rends compte ? Je ne me pose même plus la question ! Dès que j’ai quelques jours de vacances, je sais qu’on ira à Trolouinde et qu’on y sera heureux ! »

Tiens… Ne me dis pas que ça ne te manquait pas un peu !

Je regarde Tom, puis Anastase. J’éclate de rire

 Qui t’a mis cette idée en tête ?

 Ben… tu adores ça d’habitude et ici…

Avec un regard appuyé sur l’entrejambe d’Anastase, puis joignant le geste à la parole, j’affirme

 Pas du tout ! Je l’ai aussi à Trolouinde, mon rouleau de printemps !

Ma remarque me vaut un regard entre amusement excité et réprobation feinte de la part de Tom. Anastase exulte « Si tu savais comme c’est bon d’être son sex-symbol ! »

Nous déjeunons rapidement, puis décidons de nous protéger de la chaleur en nous installant à l’intérieur de la maison. Alors que Tom déplace une chaise pour s’installer à l’endroit d’où il nous observera, l’idée éclot en moi. J’attends qu’il soit assis, m’approche de lui. Anastase sourit. Il a compris.

Voici ta punition, Tom le malin !

Il se plaint quand je lui bande les yeux. Il se plaint plus fort quand je demande à Anastase de lui attacher les mains dans le dos, mais je reste inflexible.

 Fallait pas te moquer, jeune homme !

Anastase est tout excité par mon idée de punition, je l’attire un peu à l’écart et lui suggère d’en profiter pour proposer à Tom de rester quelques jours avec nous. Je sens tout son être réagir à mon souffle tandis que je chuchote à son l’oreille. Il me sourit. Putain, c’qu’il est beau !

Qu’est-ce que vous manigancez ?

Nous regardons Tom chercher à nous situer par rapport à lui. Je pose les mains d’Anastase sur ma robe, il dégrafe un à un les boutons, sans un mot. Que j’aime me voir dans tes yeux, mon Anastase… ! Tom insiste.

Mais vous faites quoi ?

J’ai envie de répondre « Un gin-rami ! » quand l’idée surgit, comme une ampoule qui se serait allumée dans mon cerveau. Je m’échappe des bras d’Anastase, attrape la boîte, notre boîte, remplis la pochette de satin de toute une série de boutons. Options ou pas options ? J’ai posé la question en silence à Anastase, qui me sourit en guise de réponse… Options… Je glisse la mienne, Anastase la sienne. 

Nous n’avons toujours pas prononcé le moindre mot. Je m’approche de Tom, met la pochette entre ses mains.

Tu seras notre main innocente, Tom ! Sors un bouton et un seul !

Mais… détache-moi les mains, alors… !

Tss tss tss ! Débrouille-toi ! Et attention à la punition si tu renverses la pochette !

Je le regarde faire, Anastase voudrait aider son ami, mais je lui fais comprendre que le jeu m’amuse davantage ainsi. Je récupère la pochette et tends le bouton vers Anastase. 

Vert ! Et que disent les options ? 

Anastase ouvre la boîte d’allumettes. Je reconnais mon bouton orange, mais suis un peu surprise du noir choisi par Anastase… 

Noir ? 

Vous m’expliquez ou quoi ?

QUOI !

Nos voix se sont retrouvées dans cette réponse que nous faisons à Tom. Constatant son dépit, je décide de lui expliquer la règle de notre jeu. Il sourit, ponctue mes phrases de « Pourquoi ça ne m’étonne pas ? » ou de « Y’a que vous pour avoir de telles idées ! » ensuite il me demande quel bouton il a tiré au sort et ce qu’il signifie

Vert… donc une levrette. J’avais opté pour le sexe oral (sourire de Tom), mais je ne vois pas trop comment l’option d’Anastase sera possible, il a choisi une double pénétration… on les enchaîne ou quoi ? 

Laissez-moi vous regarder… please… laissez-moi vous regarder… !

Anastase bombe le torse, tel le Seigneur des lieux, il annonce à Tom médusé

Non ! Tom tu es notre prisonnier pour le week-end !

Tom marmonne qu’il doit prévenir chez lui, je lui réponds qu’il sera toujours temps après. Il veut savoir qui suce qui, je lui rétorque « Et qui va être pris en levrette ? » il ricane « Non, sérieux… qui suce qui ? » sans nous être concertés, Anastase et moi singeons les cris étouffés, comme s’il me léchait,  comme si je le suçais… Un regard complice. Je le suce et il me lèche. Je sens ses mains devenir folles, je sens les miennes le devenir aussi. Tom se plaint, son pantalon le gêne, il bande trop dur… Anastase interrompt ses baisers, c’est fou à chaque fois, j’ai la même impression…  quand il décolle sa bouche de mon sexe, sa bouche me manque douloureusement… il me fait signe de rejoindre Tom… je sais ce qu’il veut, je le veux aussi, mais je n’ai pas le courage de l’avouer…

Je m’agenouille devant Tom, le débraguette, mais alors qu’Anastase me pénètre, je ne peux que poser ma bouche sur la cuisse de son ami… je voudrais le sucer, mais j’en suis incapable… Tom gémit, Anastase gémit, je gémis… je le sens aller et venir en moi, je sais qu’il sait tout ce qui est en train de se jouer dans ma tête…

Si tu voyais comme ma queue brille ! Si tu voyais comme ma poupée est excitée… !

Je suis à la torture… délivrez-moi !

Pas avant que tu nous dises combien de jours tu peux rester avec nous…

Au moins jusqu’au 14 juillet…

Anastase s’enfonce un peu plus profondément en moi, il se penche pour que nos regards se croisent… il veut être certain qu’il ne m’oblige en rien… Il lit dans mes yeux que je suis prête, au moins pour cette fois-ci…

Et là… ça te fait quoi ?

Il a dirigé mon visage vers la queue de son ami, d’un bout de langue timide, j’en lèche le gland, je sens les mains d’Anastase se crisper sur mes hanches, je sens que ses mouvements se font plus amples… Il lâche mes hanches, se retire, je comprends ce qu’il fait sans avoir à me retourner… il reprend sa place… le gel est agréablement frais, je devine son sourire quand il en fait couler beaucoup trop sur mes fesses, je sais qu’il le regarde glisser lentement le long de la raie… il en interrompt la descente d’un index décidé… il me lubrifie… je n’ai toujours pas trouvé la force de sucer Tom… je sens le doigt d’Anastase se faire plus curieux… puis j’entends nos petits cris… un concert à trois voix… à trois gémissements… l’harmonie est divine… Tom, toujours aveugle, bouge la tête dans tous les sens… il se cambre pour que sa queue puisse entrer dans ma bouche… Je sens le gland d’Anastase me pénétrer, au ralenti… comme s’il voulait profiter pleinement de la situation… ne jamais oublier toutes nos sensations de cette première fois… je sens mon anus se détendre, s’ouvrir… je le supplie de ne pas s’arrêter… des frissons sensuels, sauvages me parcourent le dos quand il me dit de sa voix grave, vibrante, métallique d’excitation « Tu en as envie ? Montre-le moi ! », alors… alors seulement, je commence à sucer Tom.

Anastase va et vient, je le devine cherchant l’orchidée du regard… je relève la tête…

Non ! Épouse-moi encore, mon amour… hmmm… ma vie… oohh… épouse-moi !

Je sens ses doigts fouiller mon vagin, se retourner… je les sens attraper sa queue toujours dans mon cul… je jouis violemment…

Oh ! Tu m’as fait jouir trop vite !

J’entends à peine la plainte de Tom… toute à mon plaisir… Anastase comme libéré d’un poids me hurle qu’il m’aime, que je suis l’amour de sa vie, sans retenue, il me demande de retirer le foulard sur les yeux de Tom… il ne veut pas retirer sa main de mon vagin et a besoin de l’autre pour ne pas perdre l’équilibre… Je lui obéis… 

– Si un jour tu te demandes ce qu’est l’amour, repense à ce que nous vivons, là… tous les trois… et tu pourras dire que tu as vu un couple qui s’aimait… qui s’aimait vraiment… pleinement…

Anastase a prononcé ces mots sans respirer… puis il reprend ses va-et-vient… en me répétant qu’il m’aime… le sexe de Tom a retrouvé toute sa vigueur dans ma bouche… de nous trois, il est le seul à s’en étonner…

(à suivre)

 

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