Après la pluie, le beau temps (2016)

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6:52

Après ces jours de pluie, après les inondations, pendant qu’il fait chaud et avant que la chaleur ne devienne insupportable, tu me proposes un rendez-vous.

Cette photo sur les réseaux sociaux, 3 chiffres, un signe de ponctuation. J’aurais pu rater ce message, ou mal le décrypter…

– Tu me fais toujours les mêmes reproches, ma Fée, alors que ça n’est jamais arrivé !

– Ouais, mais là… bon pour l’heure, c’était évident, mais pour le lieu…

– Tu veux me faire croire que aurais pu te tromper avec un tel indice ? Allons bon !

Tu me tends le chapeau et me demandes d’attendre l’arrivée de Pablito pour que tu puisses nous expliquer ton projet.

J’aime ta façon de m’enlacer, j’aime ta langue dans mon cou, j’aime sentir ta poitrine velue sous mes mains. Pablito arrive dans mon dos. Une main sur mon sein et l’autre qui rejoint les miennes sous ta chemise ouverte. Nos trois bouches réunies… nos trois langues qui s’aguichent… Nous prenons tout notre temps, les promeneurs n’arriveront pas avant deux heures au moins.

– Je ne veux être que spectateur, ce matin… et témoigner… On est tellement heureux tous les trois… notre relation unique et plurielle…

Tu demandes à Pablito de s’adosser à cet arbre. J’aime la douceur avec laquelle tu déboutonnes sa chemise, l’échancres…

Je m’agenouille devant lui. Son sexe jaillit de son pantalon pour plonger dans ma bouche, comme un diable sort de sa boîte.

Tu positionnes ma main et la sienne sur le chapeau qui masquera ce que je lui ferai.

– Ma Fée, suce notre Pablito comme si c’était la dernière fois… je voudrais que tu lui offres une pipe exceptionnelle…

– C’est toujours le cas, Alexandre ! Dis-moi quand elle t’a, quand elle m’a sucé autrement ? Ouah… ! Ooohhh, ma jolie !

Ma langue est plus humide que d’habitude, ma bouche plus sensible. Il me semble qu’à l’abri de ce chapeau, je découvre de nouveaux reliefs, de nouvelles veinules… Je ne peux me servir de mes mains… Je ne peux pas faire aller et venir ma bouche le long du sexe de Pablito, alors, je dois me concentrer davantage…. J’aime cet afflux de salive dans ma bouche… Je m’aperçois que je ne connaissais pas l’odeur du pubis de Pablito au réveil, quand nous n’avons pas passé la nuit ensemble et que sa peau, ses poils sentent encore la fraîcheur de son savon…

Ma langue goûte ses poils… odeur boisée… goût acidulé… Isolée dans mes sensations, je me trouve projetée dans un jardin méditerranéen, à l’ombre des mandariniers… Odeurs de cannelle, de girofle…

Son gland tape un peu trop au fond de ma gorge… Je recule un peu ma tête, il bascule imperceptiblement son bassin en arrière… ma langue devient légère, délicate…

Je t’entends nous dire comme tu aimes deviner ce que je lui fais, combien tu aimes imaginer ce qu’il ressent… Pablito se met à parler le dialecte d’une autre planète quand ma langue remonte de la base de sa jolie queue jusqu’au bout de son gland… Sa main appuie plus fort sur la mienne posée sur le chapeau. J’aime le bruit de ma succion. Bruit que je croyais être la seule à entendre…

– Putain, ma Fée ! Moins d’ardeur… ! Je vais exploser mon futal !

La bouche pleine du long sexe de Pablito, je marmonne des excuses.

– Ooooohhh… ma jolie… ! Parle encore… !

Mon autre main se crispe sur son mollet. L’odeur de son pubis m’excite de plus en plus… Le sexe de Pablito est tout au fond de ma gorge, ma langue parvient tout de même, je ne sais pas comment, à lécher ses boules… Il recule, sort de ma bouche…

– Gobe-moi, ma jolie… oh… oui… comme ça… !

– Putain, Pablito ! Tu es si beau… ! On dirait un ange… !

Je ne peux m’interdire de penser que Pablito ressemble peut-être à un ange, mais que cet ange est vachement sexué…

Je ressens les picotements annonciateurs de mon orgasme entre mes cuisses. Il me saisit alors que la queue de Pablito est au milieu de ma bouche. J’ai dégagé ma main du chapeau, elle se contracte sur ses fesses. Je crois que jamais, en jouissant, il n’a tremblé aussi fort qu’en ce moment.

Il s’affaisse, s’écroule, me prend dans ses bras. Nous t’appelons pour que tu nous rejoignes dans ce besito sucio, mais tu ne fais rien d’autre que photographier ma langue recouverte de sperme qui danse avec la sienne.

Tu ne veux pas nous montrer les photos, en tout cas, pas avant d’avoir pris la deuxième série de clichés. Nous savons juste que tu les trouves très belles. Tu as cette lueur un peu folle dans le regard. Cette lueur contagieuse…

Tu me demandes de relever ma robe. Pablito doit s’agenouiller devant moi, tu rabats ma robe sur son visage… Ses doigts si longs écartent mes lèvres… sa langue me goûte au début, comme intimidée, puis, petit à petit, avec une gourmandise incroyable.

Je te regarde. Tu as posé ton appareil photo et te contentes de jouir de la scène, tes yeux plantés dans les miens… Tu te branles et je sais que tu penses à cette autre fois, dans cette chambre d’hôtel lisboète… Je ne peux détacher mon regard de ta queue. Je voudrais que ma main soit à la place de la tienne… Une bouffé de plaisir me prend par la gorge, me fait suffoquer quand je te vois jouir sur l’herbe fraîchement piétinée. Pablito ne cesse de me lécher que lorsque tu dis :

– Retire ta robe pour les photos, ma douce…

– Comment ça ? Qu’est-ce que tu as fais quand j’étais sous sa robe ?

Il te regarde, voit ton sexe qui n’a pas encore tout à fait débandé… Nous éclatons de rire.

Tu m’indiques la pose que je dois prendre, mais en mettant ma robe à tes côtés, je remarque quelques gouttes de sperme sur ta chaussure. Je me mets à quatre pattes et je les lèche, faussement soumise. Je prends place avec un sourire malicieux. Tu ne peux t’empêcher d’éclater de rire. Indulgent.

Le dos plaqué contre le tronc de cet arbre, je remarque qu’il est humide… Est-ce la rosée ? Sont-ce les pluies récentes ? Le chapeau masquera le visage de Pablito, comme il masquait le mien tout à l’heure. J’ai beaucoup aimé votre complicité quand tu lui as demandé « d’arranger un peu » sa tenue… la délicatesse de ses gestes quand il reboutonnait sa chemise… Étrange paradoxe, ils étaient aussi sensuels que ceux d’un strip-tease…

Le voici entre mes jambes… mes mains tiennent le chapeau…

– Mon Prince ! Il se sert… hummm… de ses doigts… hmmm… en plus… de… ooohhh… sa bouche… ! Il a… oooohhh aaahhh… le… oohhh… droit ?

– Notre Pablito a tous les droits !

Je regarde ton sexe tendre à nouveau le tissu de ton pantalon… Je sens les doigts de Pablito aller et venir dans mon vagin… Il tète mon clitoris et je sais qu’il veut que j’inonde son visage…

Je sais que tu me photographies. Je te regarde, mais je ne te vois pas… Je ne vois que ce plaisir qui m’envahit… je le visualise avec une acuité incroyable… J’ai l’impression que tout Paris résonne des floc floc des doigts de Pablito entrant et sortant de mon sexe… des bruits de sa bouche me suçant… de ses grognements de satisfaction… Je lâche un des bords du chapeau pour me caresser la poitrine, mes seins sont lourds de plaisir…

– Oh, ma Fée ! Que tu es belle… ! Laisse-toi envahir, ma douce, mon amour… !

Je jouis avec force en inondant le visage de Pablito. Tu poses ton appareil photo et nous léchons ensemble, comme si c’était un nectar, mon plaisir. Pablito est aux anges, blotti entre nous deux. Nous nous soûlons de mots tendres, de mots crus…

Quand nous entendons au loin des bruits de pas, des voix qui s’interpellent, nous nous relevons. Je me rhabille, tu passes tes doigts dans mes cheveux, je recoiffe ceux Pablito encore un peu humides.

Ton bras sur mon épaule, ma tête nichée dans ton cou, la main de Pablito dans la mienne, nous marchons d’un pas joyeux vers ta voiture. J’aurais aimé que cette parenthèse de bonheur et de plaisir dans nos quotidiens durât plus longtemps…

Une fois de plus, nous ne faisons qu’un. De corps et d’esprit.

– Et si on séchait le boulot, aujourd’hui et qu’on passait la journée hors de Paris ?

– Excellente idée, Pablito ! Choisis la destination, je nous y conduis dans mon carrosse !

– Hin, hin, mon Prince ! La fausse excuse juste parce que tu as raté tes photos !

Outré par mes sous-entendus, tu me menaces de terribles sanctions. Pablito, indigné que j’aie pu bafouer avec autant de légèreté ton honneur, m’en promet d’autres. Je vous regarde en souriant de bonheur à cette perspective…

Parfois, le plaisir emprunte le chemin des écoliers

 

 

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