Noël à Trolouinde


0cc883a46f64b3675b6ab4c993e4f980Derrière la fenêtre, bien au chaud, Anastase rit. Putain, c’qu’il est beau ! Nous venons de jouer à « Je te tiens, tu me tiens par la barbichette » sauf que nous ne nous tenions pas le menton, qu’il ne s’agissait pas de ne point rire, que le gage consistait à faire le tour du jardin sans aucun vêtement, les bras tendus et les mains saluant le ciel… et j’ai perdu… Le froid m’a tout d’abord saisie, mais très vite, mon corps s’est habitué à la fraîcheur.

Depuis, je fais l’idiote et Anastase rit… Putain, c’qu’il est beau ! Je lui fais signe de me rejoindre, il répond non de la tête et de l’index. De sa main, il m’invite à rentrer et, telle une sale gosse butée, je refuse. Il fronce les sourcils comme un maître mécontent qui me menacerait d’une punition, si je m’entêtais à lui désobéir.

Insolente, je l’interroge sans un mot sur la nature de celle qu’il me réserve… je me tourne à demi, offrant à sa vue mes fesses que je claque, et d’un regard par-dessus mon épaule, je semble vouloir vérifier si j’ai bien compris… avant de m’éloigner davantage de la maison, d’un pas rapide… J’entends le grincement aigu de la porte, son « Putain, ça caille ! Attends que je t’attrape, tu perds rien pour attendre ! »

Quand il m’enlace et que je sens la première claque sur mes fesses, un incongru « Je t’aime, mon amour… si tu savais comme tu me rends heureuse ! » s’échappe de ma bouche. Avec une mauvaise foi assumée, Anastase maugrée qu’il est hors de question que j’implore ainsi sa clémence et me claque le derrière une seconde fois, un « ce serait trop facile, ma poupée ! » et la fessée se poursuit, alors que nous sommes enlacés, les yeux dans les yeux.

Il ne ressent pas plus le froid que moi. Son sexe dur et dressé contre mon ventre semble me supplier de lui accorder un peu d’attention… Je le caresse au rythme des gémissements d’Anastase. Je m’agenouille et tandis que mes lèvres caressent sa cuisse, je repense brièvement à ma découverte de Trolouinde…

Je regarde cet homme que j’aime à la folie et je veux croire que ce que je lis dans son regard signifie qu’il y pense aussi… Quand mes lèvres s’entrouvrent et que je le laisse y glisser son gland, il me tire les cheveux pour m’obliger à le regarder

– T’avais raison, ma princesse, nous sommes trop éloignés de la route pour être dérangés par des passants !

J’aime le sucer ainsi, agenouillée, mes mains dans mon dos, mes yeux dans les siens, ses longues mains délicates et puissantes imprimant la cadence. J’aime aussi quand, du bout de son pouce, Anastase caresse la commissure de les lèvres pour en récolter la salive que ce baiser engendre…

C’que t’es belle, ma poupée ! C’que t’es belle !

Parce qu’il veut retenir l’explosion de son orgasme et s’arracher à ma bouche gourmande, Anastase fait un léger pas de côté et manque de tomber en trébuchant sur un obstacle imprévu, qui était enfoui sous les herbes folles… Jurant comme un charretier, il se penche pour le ramasser et le jeter au loin… son visage s’éclaire d’une lueur enfantine quand, en le découvrant, il s’exclame

Si ça c’est pas un signe… !

Nous rions à l’unisson et décidons que ce flacon de lubrifiant est un cadeau envoyé par les lutins du Père-Noël ! Anastase se met à genoux à mes côtés, en pestant un peu à cause du sol gelé, mais pour rien au monde nous renoncerions à cette sodomie sous le soleil froid de cette après-midi de Noël.

Tu n’as pas trop froid, ma poupée, mon trésor ? Si tu pouvais voir comme le soleil t’éclaire joliment ! La peau de ton dos rosie par le froid et tes fesses rougies par mes claques… mais… ma chérie… je ne t’ai pas fait trop mal ? Je peux voir l’empreinte de ma main… comme… en relief… !

Non ! Je n’ai pas mal ! Tu ne me fais jamais mal… outch ! Surtout… hmmm… quand tu t’y prends comme ça… ! Hmmm c’est froid et visqueux ! Mais n’arrête pas… n’arrête pas… n’arrête surtout pas !

Les doigts d’Anastase me caressent avec lenteur, avec application… tout mon corps en devient sensible, comme s’il voulait inscrire ce moment à tout jamais au cœur de chaque cellule. Au ton de sa voix, au rythme de ses mots, je sais quel est son sourire, quel est l’éclat de son regard…

Tu sais, il y a des moments dans la vie où tu te dis « je n’ai jamais été aussi heureux », tu vois ? Comme si énoncer cette évidence te permettait de ne jamais l’oublier… et bien, ces derniers temps, je me le dis souvent… je n’ai jamais été aussi heureux… 

J’aurais aimé qu’un oiseau s’envole bruyamment pour donner une petite touche hollywoodienne à cette scène, sans savoir pourquoi une telle idée m’a traversé l’esprit… Je regarde devant moi et tout ce que je vois, c’est une feuille racornie bien solitaire sur une branche souple de cet arbre, là-bas… au loin. Anastase me caresse de son gland bouillant… Il est en train de me pénétrer quand je lui fais part de cette pensée… Il s’enfonce lentement, de toute la longueur de son sexe… et tandis qu’il fait le premier « vient » de ses nombreux va-et-vient, si lentement que je perçois chaque relief, chaque veine de sa queue, il me répond

– C’est magnifique, au contraire ! Cette feuille qui s’accroche malgré tout ! Cette feuille qui en toute logique aurait dû tomber à l’automne et n’être plus qu’un truc en décomposition… elle est peut-être racornie… elle est peut-être incongrue… mais elle est là ! Elle a survécu ! Et c’est la seule ! C’est tout ce qui compte, finalement… qu’elle soit là !

Je sens le bourrelet à la base de son gland sortir de mon cul, et aussitôt forcer le passage, qui ne demandait qu’à l’être, et le sexe d’Anastase va et vient au rythme de nos silences. Je me laisse envahir par une vague de plaisir et je romps ce silence par des cris d’amour qui vont crescendo… Anastase me supplie de les lui répéter encore et ponctue mon chant de ses « Je t’aime ! » retentissants.

Ses mains agrippées à mes hanches, je me dis que ses doigts vont déchirer ma peau tant ils se crispent quand Anastase jouit en poussant un cri libérateur… Il poursuit ses mouvements… Une fois… deux fois… peut-être trois avant que je jouisse à mon tour, nous nous écroulons sur le sol glacé et nous restons enlacés… une de ses mains dans mes cheveux, l’autre sur mon ventre, ses doigts emmêlés avec les miens…

Quand le froid devient déplaisant, nous nous résolvons à nous lever pour rejoindre la maison et sa chaleur réconfortante. Je lui tends son cadeau, posé sur la table et c’est ensemble que nous ouvrons nos paquets. Nous éclatons de rire…

Cette année, le Père-Noël était d’humeur steampunk !

À la trousse qu’il m’offre pour m’inciter à reprendre la plume répond la petite fée dont la confection a volé le temps que j’aurais pu consacrer à raconter mes histoires… Il la pose sur le bout de son doigt et l’admire sous toutes ses facettes… Il n’en détache le regard que pour croiser le mien…

Je t’aime, poupée !

Je t’aime, Seigneur de Trolouinde !

Deux jours après la Saint-Valentin, Anastase fait part de ses griefs…

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