Bonne fortune (2016)


f703f19e721f07e911bbb6d32214976d– Quand je te dis que tu es magique !

– Quand je te dis que c’est nous trois qui rendons tout magique…

– Nous… TROIS ? !

– Toi, Trolouinde et moi… ça fait bien trois, non ?

Après quelques jours passés à nous repaître l’un de l’autre, à nous émerveiller et nous réjouir d’emprunter aussi aisément le chemin vers l’orgasme total, nous avons décidé d’explorer le jardin et la maisonnette.

Nous rions beaucoup, j’aime l’éclat des yeux d’Anastase et son sourire quand je le taquine. Nous chantons souvent, j’aime entendre son désir quand il sort sa guitare de son étui et qu’il me conseille d’adoucir ma voix avant de plaquer les premiers accords. Nous sommes heureux et bien décidés à nous lover dans ce sentiment en oubliant le passé et sans penser à demain.

Il a eu du mal à admettre que j’aime Trolouinde pour ce qu’il est, parce que je trouve que cet endroit lui ressemble. Par exemple, le fait qu’il n’y ait pas l’eau courante implique l’absence de WC, mais une cabane en extérieur. Il en était désolé, je préfère vanter le côté écolo-hipster de ses toilettes sèches. Je lui ai montré comment faire chauffer l’eau dans le tub en le plaçant en plein soleil, sur ce coup, la canicule est mon amie ! Il aurait vidé sa bonbonne de gaz en faisant chauffer l’eau dans les cocottes, comme il le faisait jusqu’alors…

Il y a une sorte de petite remise, à moitié enterrée, où il fait toujours frais, c’est là où Anastase entrepose les denrées périssables. Il m’en a interdit l’accès, plus par jeu que pour une raison valable. Aujourd’hui, j’ai envie de me la jouer « rebelle impertinente » et j’y descends. Avec l’espoir qu’il m’y rejoigne. Ce qu’il fait.

Son air faussement sévère laisse présager une étreinte torride dans la fraîcheur. Je goûte cet oxymore sensoriel quand il m’ordonne de me mettre face au mur, d’écarter les jambes. J’obéis. J’aime cette sensation de me faire déshabiller alors que je suis déjà nue. Ses mains qui courent sur ma peau, ses baisers dans mon cou, ses mots envoûtants, son sexe qui me caresse, comme ça, sans y être spécialement convié, comme un invité permanent.

– Écarte un peu plus tes jambes, poupée !

– Non… pas sans motivation !

Ses doigts sur mes lèvres, forçant ma bouche… quelle meilleure motivation aurait-il pu trouver ? J’écarte mes cuisses davantage…

– Tu me connais trop bien, mon amour… ! Ooohhh… !

Ses doigts qui me fouillent, qui m’écartèlent, me caressent avant de m’écarteler, de me fouiller plus encore…

– Laisse-toi faire, poupée… ! Oh oui ! Comme ça !

Son double assaut manque de me faire perdre l’équilibre. Je pose mes mains contre le mur, pour ne pas tomber tout à fait. Sa main posée sur la mienne, dans la fraîcheur et l’obscurité, nous nous laissons aller aux errances de nos sensations et c’est ensemble que nous sentons une pierre bouger sous ma main droite, comme si elle était descellée… sans cesser son lent va-et-vient, Anastase me demande de vérifier si c’est vraiment le cas… j’attends que mon orgasme ait explosé avant de lui obéir…

– N’arrête pas ! Continue… !

– Oohh ma poupée !

Ce n’est pas une pierre, mais une brique, je la retire du mur avec une facilité déconcertante.

– Non, mon amour ! Ne te retire pas ! Si nous devons découvrir un passage secret, je préfère que tu restes en moi… J’aurais moins peur…

Anastase me pénètre à nouveau, entre ardeur et douceur. Les autres briques semblent impossibles à retirer à mains nues.

Sans nous concerter, sa main rejoint la mienne dans ce trou, à la recherche d’un mécanisme caché. C’est ensemble que nous sentons le contact froid et métallique d’une petite boîte en fer blanc.

– N’arrête pas, mon amour…

Anastase me fait l’amour sans se hâter. Nos deux mains droites posées sur cette petite boîte, je sais que tout comme moi, il se demande ce qu’elle peut bien contenir. Est-ce notre position ? Est-ce cette interrogation ? Son sexe me semble plus large que d’habitude… J’aime ses mots qui accompagnent mes bouffées de plaisir… J’aime ses cris étouffés dans mon cou… Bien sûr, mon amour que je sens comme tu aimes ça ! Bien sûr, mon Anastase que j’aime quand tu me fais jouir comme ça !

Quand il jouit au fond de moi, dans ce cri surhumain, je sens ses doigts se crisper sur les miens, autour de la boîte. Et je sais déjà que cette sensation restera gravée en moi à tout jamais…

Nous sortons de la remise et décidons d’ouvrir la petite boîte, à l’abri de notre lit clos. Quand je lui ai fait cette proposition, Anastase a penché un peu la tête, m’a regardée tendrement et a souri. Putain, c’qu’il est beau !

– Pourquoi tu souris comme ça ?

– Je te le dirai plus tard… quand j’estimerai que c’est le moment…

Quel trésor se cache à l’intérieur de la boîte ? Depuis combien de temps est-elle cachée dans cette niche improvisée ? Il l’ouvre et je prends dans ma main ce petit ballot de toile de lin. Je le déplie… un mouchoir brodé… à l’intérieur du mouchoir, de vieux bijoux…

– Quand je te dis que tu es magique !

– Quand je te dis que c’est nous trois qui rendons tout magique…

– Nous… TROIS ? !

– Toi, Trolouinde et moi… ça fait bien trois, non ?

En ouvrant le médaillon, de la poussière de cheveux s’en échappe. Anastase me fait essayer les bagues, elles sont un peu trop grandes pour moi, mais nettement trop petites pour ses doigts.

– À ton avis, ce sont des bijoux de valeur ou c’est de la quincaillerie ?

– Ils ont une valeur inestimable, puisqu’on les a trouvés… toi et moi dans notre Trolouinde… la véritable valeur des choses n’est pas pécuniaire, c’est celle qu’on leur donne, non ? Quand tu découvres une petite fleur fanée dans une vieille enveloppe, ou dans un vieux portefeuille, à côté d’une vieille photo… tu sais bien qu’elle n’a aucune valeur… pourtant, tu sais qu’elle a symbolisé un moment exceptionnel dans une, dans deux vies et que ce souvenir n’avait pas de prix… non ?

À nouveau ce sourire, ces larmes de bonheur dans son regard…

– Viens, ma poupée… Viens dans mes bras… !

Je regarde mes doigts dessiner des arabesques sur son bras. Ses mains remontent le long de mon dos. Mes lèvres déposent des baisers légers le long de son corps… Il me retient, m’empêche de descendre plus bas…

– Attends ! Regarde-moi !

Je relève la tête, le regarde.

– Je t’aime, ma poupée… c’est toi, le véritable trésor…

Émue, je lui souris.

– … Je voulais te le dire à froid… que ce ne soit pas une déclaration noyée dans une vague de plaisir…

– Je t’aime aussi, mon amour… Si tu savais…

Les mots qui me viennent à l’esprit restent coincées dans ma gorge. J’ai peur qu’ils ne l’effraient. Son regard d’une douceur et d’une force incroyables, sa main qui caresse ma joue, son sourire serein m’encouragent.

– C’est comme si je découvrais la femme que je suis réellement… Comme si j’avais… Je ne me rappelle pas m’être sentie aussi bien… comme… comme si je posais enfin mes valises après un long voyage…

Encore ce sourire.

– Tu joues encore les mystérieux ! Mais j’aime ton air énigmatiquement tendre !

– Tu sais pourquoi ? Je ne sais pas depuis combien de temps tu le fais, mais depuis ce matin, j’ai remarqué que tu dis « notre Trolouinde » « notre jardin » « notre lit clos » et… je pourrais en pleurer de bonheur !

Le temps s’est arrêté comme pour nous offrir la chance de profiter pleinement de cette fusion. Et puis, le temps a repris sa course et la vie nous a éclaboussés… entre éclats de rire et passion…

– Les bagues, je ne peux pas, mais je vais porter ce médaillon, ma poupée ! On y mettra une mèche de nos cheveux, ainsi, tu seras toujours contre moi…

– Une mèche de cheveux ou… pourquoi pas un truc plus fun… plus à notre image ?

– Un truc plus fun ? À quoi penses-tu, précisément ?

– Je ne sais pas… une photo de ton ami mon clito pendant une partie de « COUCOU ! » par exemple et dans l’autre partie du médaillon, une photo de ta queue… comme ça… hop ! L’un près de l’autre !

– Ah ouais… pas mal ! Mais alors, une photo de ta bouche et de ta langue sur mon gland…

– Mais il faudra qu’elles soient réussies… ces photos… hein ! De la prise de vue de qualité ! Pas du « tout venant » !

– Tu as raison ! Montre-moi comment tu poserais !

– N’oublie pas de sourire de la bite, alors !

En riant, je commence à le lécher, à le taquiner du bout de ma langue puis nous perdons toute notion de temps, d’espace. Nous devenons nous-mêmes, cet être unique que nous apprenons à recréer à chaque fois.

Jour de marché

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