Crise de manque (2016)


Johanna me manque. Le rire de Johanna me manque. La peau de Johanna me manque. Les yeux de Johanna me manquent. La bouche de Johanna me manque.

Je répète son prénom comme un mantra, comme si je pouvais ainsi la serrer dans mes bras.

Je voudrais encore une fois, une fois encore… rien qu’une fois, sentir ses seins généreux dans mes mains… les embrasser… les téter… sentir son corps onduler… voir son regard chavirer…

Les cris de Johanna me manquent…

Je ferme les yeux et je pense à son sexe sur ma bouche. Johanna ne resserre pas ses cuisses contre mon cou à m’en étrangler, comme elle le fait quand je la fais jouir, et ça me manque terriblement.

Son absence m’est plus douloureuse que le pire des sevrages. Je maudis ce destin qui nous éloigne l’une de l’autre, alors que ça n’était pas prévu.

Ma vie est plus morne qu’avant depuis ces longs jours où elle n’est pas là pour l’illuminer. Je n’ai plus goût à rien depuis que le goût de son corps, celui de ses baisers s’est évaporé.

Je me caresse, mais la douleur de son absence m’interdit de jouir.

Combien de jours avant sa peau ?

Combien de jours avant son rire ?

Combien de jours avant ses bras ?

Johanna… Johanna… Johanna…

– Allô ?

– JOHANNA !

– Je te réveille ?

– Tu me ressuscites, ma Johanna !

– Je n’ai pas beaucoup de temps… tu peux t’isoler ?

– Oui…

– Tu as le paquet que je t’ai offert avant mon départ ?

– Oui…

– Tu l’as ouvert ?

– Non… tu m’avais demandé d’attendre ton feu vert…

– Tu es plus obéissante que moi !

– Oh… ! Ton rire, Johanna ! Ton rire !

– Isole-toi, ouvre le paquet… tu me manques… tu me manques tellement… !

Je déchire le papier, ouvre l’emballage. Alors, voici le fameux Womanizer… !

– Tu me guides, ma Johanna ?

Johanna me prévient du bruit que fait cet aspirateur à orgasmes, mais je ne l’entends pas. Ce que j’entends, ce sont les gémissements de Johanna… ses cris… ses gémissements… ses cris… ses gémissements… ses cris…

Comme elle me le conseille, je ne bouge pas mon corps, calme ses ondulations pour ne pas perdre l’aspiration.

Je ferme les yeux. J’écoute sa voix… j’écoute ses cris… j’écoute ses gémissements et je la vois, je la sens… elle est là… tout près de moi…!

L’orgasme m’emporte comme une lame de fond.

Johanna jouit aussi… si loin de moi… pourtant si proche…

– Tu as aimé ton premier « orgasme volé » ?

– Ne te moque pas de moi, Johanna… tu es trop loin pour que je puisse en rire…

– Tu l’as aimé ?

– Oui !

– Je te rappelle dès que possible, ma douce… dès que possible…

Johanna raccroche. Je regarde l’objet… en suce l’embout… Je sais qu’elle en fait autant de son côté.

Je range le cadeau de Johanna dans son emballage, l’entoure d’un voile de soie… un autre de ses cadeaux… le premier qu’elle m’ait offert…

Le cœur battant, le sexe palpitant, les jambes coupées, j’ai encore les cris de Johanna dans mes oreilles…

Je ferme les yeux avec la certitude qu’elle me téléphonera bientôt, que son appel me surprendra quand je ne l’espérerai plus, mais qu’au moment de l’orgasme, elle m’étranglera de toutes ses forces, ma Johanna, grâce à la magie de son voile de soie.

 

Après la séparation viennent les retrouvailles

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