Bienvenue à Trolouinde (2016)


– J’étais étudiant, je travaillais pendant mes vacances… avec les collègues on jouait à Euromillions. On a gagné… pas la grosse cagnotte, mais une belle somme quand même… On se l’est partagée… Je me suis offert le voyage de mes rêves et avec ce qu’il me restait… j’ai investi dans la pierre !

Anastase stoppe la voiture dans cet endroit désert et, grandiloquent, m’annonce

– Laisse-moi te présenter « Trolouinde » !

Comptant sur ses doigts, comme s’il ne voulait rien omettre, il énumère

– Trop loin de Paris pour un après-midi champêtre

– Trop loin de la mer pour un week-end à la plage

– Trop loin d’une gare pour s’y rendre en train

– Trop loin de la ville et de ses commerces pour y venir sur un coup de tête

Il ouvre avec difficulté la petite grille désuète et rouillée. Un coup de pied est nécessaire pour que la végétation accepte de se soumettre et permette l’accès à ce qui a dû être un jardin, envahi d’herbes presque aussi hautes que moi.

– Et voici le joyau !

Son ton est exactement entre la franche rigolade et le désarroi le plus total.

Les murs ne sont même pas recouverts de vigne vierge… juste quelques tâches de mousse salissent la façade. Les volets clos ont sans doute été peints, mais dans une autre vie. Le toit semble être légèrement en moins mauvais état qu’on pourrait le craindre.

Anastase guette ma réaction dans mon regard. Je redresse les quatre doigts de sa main droite et, d’un air convenu, termine son énumération

– Surtout, trop loin de la route pour qu’on puisse être surpris par des passants… !

Je le débraguette et m’agenouille en pensant très fort « Bienvenue à Trolouinde ! »

– Ooohhh… pourquoi ne suis-je pas étonné ? Attends… faut que je décharge, d’abord…

Il s’échappe à mon baiser, me regarde, secoue la tête, amusé

– … la voiture, abrutie !

Une fois ouverte, la maison sentait tout à la fois la poussière, le rance et l’humidité. Nous avons ouvert les portes et les fenêtres en grand, sorti le matelas pour qu’il s’aère un peu et sommes retournés dans cette prairie sauvage qu’est devenue le jardin.

Anastase est allongé au soleil, il sourit joliment en m’observant par-dessous. J’ai négocié pour garder encore un peu ma robe sur moi, tout en ayant été intransigeante quant à sa nudité que j’ai exigée. Je le regarde se branler doucement, ses gestes sont à la fois amples et lents.

– Protège mon visage des rayons néfastes du soleil, mon trésor… !

– Comment ça ?

– En faisant barrière de ton corps… viens… ! Rapproche-toi… !

Sur ses indications, je descends doucement vers son visage en relevant un peu ma robe pour qu’il puisse « profiter de la vue » quand je sens sa main remonter vers l’intérieur de ma cuisse, effleurer mes lèvres, j’ai cette envie contradictoire qu’il apaise mon excitation en me caressant très fort, très vite et qu’il continue sa très lente et délicate exploration…

– Viens plus près… voilà ! Stop ! Ne bouge plus ! Écarte encore un peu tes genoux… voilà ! C’est parfait !

Je suis presque accroupie au-dessus de son visage… Je regarde sa main caresser l’intérieur de sa cuisse, remonter sur son ventre… Je me penche un peu en avant… son autre main écarte mes lèvres… Vais-je défaillir de plaisir, de désirs mêlés ?

– Ah… ! Je te vois durcir… je te vois grandir, joli clito !

Une goutte d’excitation perle sur son gland. Je la caresse avec la pulpe de mon pouce…

– Oh… j’en peux plus ! Viens… ! Viens jouir sur mon visage !

Il me lèche, il me tète en grognant d’excitation. Je le lèche, mais refuse l’accès de ma bouche à sa queue si dure qu’elle semble prête à exploser. Il me plaque sur son visage. Je jouis très fort en lui disant à quel point j’aime ça. Il me remercie de m’offrir ainsi à lui, à ses fantasmes. Je me soulève un peu. Retire enfin ma robe. La jette au loin.

– Regarde, alors… !

Mes doigts en crochet vont et viennent à l’intérieur de mon vagin. Son sexe durcit, gonfle davantage. Ses exclamations entre joie et surprise, m’encouragent à aller jusqu’au bout de ce fantasme que je m’interdisais jusqu’alors.

– Regarde… regarde comme… comme je…

J’inonde son visage, mais c’est son cri de plaisir qui déchire le ciel de cet après-midi champêtre. Je sens son sperme asperger mes seins. Je tombe à ses côtés.

Nous laissons la journée s’écouler lentement, paisiblement, entrecoupée de chamailleries érotiques, de confidences, de baisers, de mots d’amour, d’éclats de rire, d’insouciance.

Nous rentrons le matelas. Buvons à notre rencontre, à la destinée qui a permis que nos chemins se croisent. Après cette journée presque caniculaire, la fraîcheur de la soirée nous cueille un peu. Nous nous installons dans la maisonnette pour y dîner de ces plats froids qu’Anastase a rapportés de Paris.

J’aime le naturel avec lequel nos gestes, nos caresses, nos mots s’enchaînent. Leur évidence… Quand il me voit frissonner, Anastase me tend une veste hors-d’âge.

Nous étalons une vieille couverture élimée dans le jardin et nous nous allongeons dessus, côte à côte pour regarder le ciel étoilé… même les volutes de fumée de nos cigarettes semblent dessiner des symboles que nous nous amusons à décrypter.

– Si la lune était pleine, si je pouvais l’observer, cette nuit serait parfaite…

Je me lève en râlant, le laissant sidéré. Je rentre dans la maison, ouvre mon sac de voyage, reviens à ses côtés.

– La prochaine fois… juste… essaie d’y mettre un peu les formes… !

Je lui tends le flacon de lubrifiant, quelques capotes « puisqu’il te faut observer ma lune quand elle est pleine pour que cette nuit soit parfaite… » Anastase éclate de rire et fait semblant de me reprocher mon sale esprit.

– Tu me connais assez pour savoir que je ne pouvais pas laisser passer une telle occasion, mon cœur !

Après de tendres caresses, de longs baisers, nous décidons d’opter pour la lenteur… Je tiens à ce que cette première fois reste pour lui un souvenir merveilleux… exceptionnel.

Guidé par ses questions, par mes réponses articulées ou pas, par nos sensations, il me pénètre.

J’aime l’entendre me dire ce qu’il ressent… J’aime sentir ses mains se crisper sur mes hanches lors de son premier va-et-vient… J’aime sentir mon plaisir croître alors qu’il est si concentré sur ses propres sensations…

– Continue comme ça… aussi lentement… regarde… sens comme… oohh… comme tu… me fais jouir… Tu me sens… jouir… ?

– Oohh… ! OUI ! C’est incroyable… ! C’est si… BON… ! Ooohh… !

– N’arrête pas… laisse… toi guider… par le plaisir… ooohhh… OUI ! COMME ÇA… !

– Tu… ? Je te… ? Tu jouis encore ?

– Mon am… je… oohh… les… ooohh… org… vont… oohh… s’enchaî… ooohh… ner… ooohhh… !

– Ooohhh… ! C’est… c’est… si… oohh… BON !

– Regarde… le ciel… oohhh… profite… ! Profite… mon… oohh… amour… !

Je bouge, imprime les mouvements… impose la cadence… coulisse le long de son sexe… Ses mains, mues par son plaisir, caressent mes seins… s’agrippent à mes hanches… se serrent sur mon pubis… éraflent mes cuisses…

– OUI… ! Plus vite ! Comme ça ! Oooohhh… ! OUI ! Ralentis ! Oohh ma reine… ! Oohh… je… vais… oohh… !

Son cri, quand il jouit enfin, lacère la nuit, laissant place à l’aube naissante. Nous nous écroulons sur la couverture et nous sombrons dans le sommeil, blottis dans les bras l’un de l’autre.

Il est des moments, où une leçon d’anatomie s’impose


 

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