Instantanés (2016)


Quelques instantanés de moments gravés dans ma mémoire, une couleur dans la tonalité de chacun de ces souvenirs…
depositphotos_43144713-Lots-of-old-photosVendredi

– Pourquoi tu restes assise sur cette chaise, poupée ? Va plutôt t’allonger dans le canapé ! Ce sera plus confortable !

– Certes, mais d’ici je te vois, ce qui n’est pas le cas si je m’allonge sur le canapé… !

Anastase se retourne. Me regarde. Flatté. Je me lève en maugréant.

– Ah la la… moi et mes satanées promesses… !

Je m’agenouille, débraguette son pantalon et lèche tendrement son gland. Je voudrais trouver la force de me relever et de reprendre ma place sur cette chaise inconfortable. Je le voudrais vraiment, mais je n’y parviens pas.

– Ma poupée… ooohhh… ma poupée… je ne peux pas préparer… oh… le repas… si… oh oui… comme ça… continue comme ça… !

 

– J’aime ta cuisine… ta façon de cuisiner…

– J’aime ce que tu me fais quand je cuisine, ma poupée…

La lumière du soleil asperge la pièce à vivre, révélant davantage le bonheur que nous partageons.

– À quoi tu penses, poupée ?

– Le soleil fait de jolis reflets sur ta peau, sur tes poils… j’envie ta rousseur… j’aimerais être peintre pour fixer cette lumière…

– C’est pour ça que tu te tiens si loin de moi ?

– Si loin ?

– Tu n’es pas dans mes bras… ça me manque…

Je me lève, m’assieds sur les genoux d’Anastase, me penche en avant pour rapprocher mon assiette.

– Lève-toi, poupée… lève-toi…

Sa voix est douce, je m’exécute, j’entends le bruit d’un emballage qui se déchire. Je souris. Il guide son sexe à l’entrée du mien. Je m’empale doucement sur lui.

– Voilà qui est… mieux… !

– C’est… c’est si… bon… mon… chéri… !

Sa main gauche qui me caresse… Les fourchettes dans nos mains droites… La lumière sur son bras… Mes mouvements lents le long du sexe d’Anastase… Concentrés sur notre plaisir croissant… Ne pas accélérer… Ne rien précipiter… Juste… profiter de cet instant… tenter de le rendre éternel.

 

Allongée sur la table. Nue. Genoux relevés. Jambes écartées. Sexe offert aux lubies, aux envies d’Anastase. Nu également.

– J’adore regarder entre tes cuisses, ma poupée… ! J’adore quand…

– Oooohhh… !

– Ouais… c’est ça… ! C’est ça que j’adore… !

Anastase qui fait le tour de la table. Qui m’embrasse. Sa divine langue qui danse avec la mienne. Sa bouche qui s’arrache à ma bouche, déchirant ce baiser.

– Résiste un peu et sois gourmande ensuite, poupée… !

Son gland entre mes lèvres que je refuse d’ouvrir. Son index qui caresse la commissure de mes lèvres. Ma bouche qui se détend.

– Oui… ! Comme ça… ! Avale, ma gourmande… ! Avale ! Outch…  pas si vite… !

Anastase qui se retire. Qui se penche en avant. Qui écarte davantage mes cuisses. Qui me regarde. Qui m’inspecte.

– Ta chatte est brillante tellement tu mouilles ! C’est… tellement beau… ! Non, non, ma gourmande ! Aucune initiative ! Tu te laisses faire…

Anastase qui s’éloigne de la table pour que je ne puisse pas l’atteindre.

 

Anastase assis sur une chaise, qui regarde entre mes cuisses. Il a sorti une guitare de son étui. Joue quelque accords. Écarte un peu plus mes cuisses. À sa demande, j’ai fermé les yeux. Contact à la fois soyeux et rugueux d’un morceau de tissu qui essuie, assèche mon sexe. Quelques accords de guitare. Silence. Doigts puissants qui écartent mes lèvres.

– Ooohh… c’est divin, baby… divin…

– J’aime… hmmm… c’est troublant… émouvant… oooh… !

– Hmmm… quoi ? Qu’est-ce… ooohh… qu’est-ce qui… aaahhh… est troub… ooohhh… lant… ?

– Le spectacle… ton sexe offert… regarder…

Quelques notes de guitare. Contact du tissu. Mon bassin qui ondule.

– Écarte tes cuisses ! Offre-toi à ma vue ! Écarte tes lèvres… Oui ! Comme ça ! Laisse-moi te regarder… C’que c’est beau ! Ton clito qui sort… qui bande… ! Oh ! Tu aimes mes mots ? !

Anastase qui me suce comme s’il me taillait une pipe.

– Chante, poupée ! Chante !

Ma voix comme les vagues pendant une tempête. Ma voix qui enfle. Enfle. Enfle. S’amplifie… et qui se désintègre brisée sur le rocher du plaisir… Anastase tel Neptune commandant les éléments… Une nouvelle vague…

– Chante !

Puis une autre.

– Chante !

Fraîcheur de la nuit. Douceur des draps sur ma peau et des caresses d’Anastase.

– Ça va, ma chérie ?

– On ne peut mieux ! Et toi ? Que se passe-t-il ? Tu es contrarié ?

– Tu m’as fait peur…

– Peur ? !

– Tu t’es évanouie… plusieurs heures… je ne savais pas quoi faire…

Je me réfugie dans ses bras, lui parle d’abandon au plaisir, de lâcher-prise… de mon étonnement, de la puissance de mes orgasmes après si peu de temps… de ces sentiments qui m’assaillent… sentiments que je devrais repousser, mais que j’accueille avec une sérénité qui ne m’est pas coutumière…

– Tu m’aimes ? Tu es amoureuse de moi ? !

– Je crois bien… oui…

– Moi, j’en suis sûr ! Sûr de chez sûr !

– Que je suis amoureuse de toi ?

– Non ! Que je le suis de toi ! Je t’aime et… putain… c’est géant !

Éclats de rires à l’unisson quand, en chœur, nous nous exclamons « Ça se fête ! » ma main qui le branle, sa main qui attrape une nouvelle capote.

Samedi

Le soleil qui filtre au travers des rideaux. L’ombre projetée sur les draps froissés d’où émergent nos pieds enchevêtrés. Les mains d’Anastase qui se réveillent au contact de mon corps. Les miennes aux contact du sien. Son sourire charmant, sa voix émue quand il me désigne la table de chevet.

– T’as vu ? Même nos lunettes font l’amour ensemble !

Mon visage enfoui dans sa poitrine.

– Oh ! Tu t’enivres ! Tu es la Fée et je suis Pablito !

Je relève la tête, le regarde. Le ton de ma voix est sec quand je l’aurais souhaité moelleux.

– NON ! Tu n’es pas Pablito et je ne suis pas la Fée ! Nous sommes réels, eux ne le sont pas ! C’est en ça que nous sommes plus forts !

– Ooohhh… !

Ses doigts dans mes cheveux. Ma bouche qui s’active. Mes mains qui le caressent, impudiques.

– Ooohhh… doucement… doucement… tu vas me faire jouir… !

Ma bouche électrisée par ses mots. Ce cri libérateur. Son goût divin au fond de ma gorge.

 

Assise entre les cuisses d’Anastase, dans mon dos. Son visage par dessus mon épaule. Il regarde ses doigts aller et venir entre mes cuisses. Ses mots doux qui chantent à mes oreilles. Ses mots doux qui louent la douceur de mon sexe « délicieusement trempé » . Mes râles, mes gémissements qui ne couvrent plus le bruit de ses caresses. Ma main qui voudrait retenir la sienne. Premier jet timide qui inonde sa main. La douceur de son baiser dans mon cou.

– Oh ! C’que c’est beau ! Et c’est chaud !

Ces quelques gouttes au creux de sa paume, en guise de calice. Ces quelques gouttes que nous lapons. La beauté foudroyante de son regard, de son sourire. Ces mots d’amour qui se déversent de nos bouches.

 

La barbe naissante d’Anastase. Sa main qu’il passe négligemment dans ses cheveux ébouriffés. Je pense que décidément, cette lumière sublime sa rousseur et j’envie l’éclat chatoyant de sa chevelure, de ses poils. Le bruit de ma cuillère dans ma tasse. Celui du tiroir qu’il ouvre. Bruit métallique de menus objets qui s’y entrechoquent. Mes genoux qu’il écarte du bout du pied. Son sourire. Sa bouche sur mes seins. Cette destination inconnue dont le nom résonne étrangement à mes oreilles. Mon sac qu’il ouvre. Le peu de vêtements qu’il y ajoute. Le tissu de la robe devenu désagréable à ma peau après avoir goûté la douceur des mains d’Anastase. Le trousseau de clés rouillées qu’il agite devant mon visage, l’air réjoui, la queue guillerette. Putain, c’qu’il est beau !

– Reste assise ! Bouge pas ! Ne fais rien !

Obéissante, je le regarde rejoindre la cuisine. Se raviser. Revenir sur ses pas.

– Tout compte fait…

Dans un éclat de rire, il fait glisser son sexe sur ma bouche, qui s’ouvre immédiatement. Son gland est délicieux. Que j’aime le sentir aller et venir, comme s’il voulait découvrir toutes les sensations que peuvent lui offrir ma bouche et ma langue ! Comme j’aime la découverte de ce sexe, ses reliefs, sa dureté, son absence de prépuce, son goût, ses fourmillements. Une courte pause d’à peine vingt minutes dans le tourbillon qu’Anastase s’impose en cette matinée.

 

Anastase qui revient, un sac rempli de boîtes hermétiques à la main.

– En route, ma poupée !

Plus doucement, presque dans un murmure, comme s’il craignait ma réaction.

– … ma poupée d’amour… mon trésor…

Sa voiture que je découvre sans en être étonnée. Sa voiture qui lui ressemble. Anastase qui dépose les sacs dans le coffre minuscule. Qui attache sa ceinture. Qui démarre.

– C’est parti !

Qui coupe le moteur. Qui sort précipitamment de la voiture. Qui s’engouffre dans l’immeuble. Qui revient quelques instants plus tard, un sac en papier à la main. Sac qu’il pose sur mes genoux.

– J’ai failli oublier le principal !

Je souris, indulgente, en constatant le nombre de préservatifs qu’il a prévus.

– Cette fois-ci, c’est la bonne ! Allez ! C’est parti !

Il aurait pu ajouter « mon kiki ! » tant il est heureux comme un gamin.

– Comment tu m’as dit ? C’est quoi le nom de la ville où tu m’emmènes ? Trolouinde ?

Bienvenue à Trolouinde

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