Enfin puni (2016)


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– Pourquoi tu ne veux pas ?

– Je serais trop mal à l’aise…

– S’il te plaît…

– Pablicito, ne fais pas cette moue ! Sinon…

– Sinon, tu me punis ?

– Même pas en rêve ! Sinon, jamais, tu m’entends ? Sinon, JAMAIS je ne te punirais !

Nous éclatons de rire.

Me voici seule avec Pablito et tu ne viendras pas. C’est une décision que nous avons prise ensemble. Tous les trois.

Je prends le risque qu’il tombe amoureux de moi, je prends le risque d’être obligée de rompre avec lui.

Mais je préfère espérer que je m’offre la possibilité de lui faire comprendre que l’on peut être heureux, que l’on peux prendre du plaisir ensemble sans qu’il soit besoin d’entourer notre relation d’une cohorte d’angelots, de petits oiseaux blancs tenant des rubans roses, des rubans bleus dans leur bec.

Je voudrais qu’il constate, qu’il admette que le plaisir fou que nous prenons ensemble n’a aucunement besoin de cet artifice sentimentalo-moralisateur.

Mais pour avoir le temps d’argumenter, il nous fallait être seuls, lui et moi.

Je ne voulais pas qu’il cherche ton soutien dans ton regard.

Je ne voulais pas avoir à faire de même.

Tu ne voulais pas servir d’arbitre et Pablito ne voulait pas perdre la face devant toi.

Depuis que je suis arrivée, il me tanne pour que j’accepte de le laisser faire mon portrait. Ce que je refuse. Je sens la faiblesse de chacun des arguments que je lui oppose. Mais je ne parviens pas à lui expliquer ce que je redoute vraiment.

Comment lui dire que j’ai peur de voir cet amour naissant suinter de son tableau ? Que j’ai peur de le mépriser un peu pour ça ? Que j’ai tout autant peur de tomber dans son piège ? Parce que je crois intimement que c’en est un…

– Nue, je veux bien que tu me dessines, mais habillée, non !

– Mais si je fais ton portrait, où est la différence ?

– Je ne sais pas… une certaine forme de pudeur…

– C’est plutôt illogique !

– J’en ai conscience, Pablicito… j’en ai conscience !

Il attrape son bloc brusquement. Me regarde par-dessous et dessine, comme à son habitude, à toute vitesse.

– Ça… ça je sais que tu ne m’en voudras pas !

Il retourne le bloc vers moi.

Quand je me sens à l’aise, je m’assieds en tailleur, que je sois nue, en pantalon ou, comme aujourd’hui, en robe.

Pablito a dessiné mes jambes croisées, forcément on y voit la naissance de mon bas et l’attache d’une jarretelle…

Je lui souris.

– Comme tu sembles le désirer ardemment ces derniers temps, laisse-moi te punir…

Il me sourit.

– … pour ce faire, pour recevoir ta punition, je vais te bander les yeux quand tu auras ôté ton pantalon !

– Je n’ai rien dessous…

Son ton faussement geignard me fait sourire.

– Tant mieux, c’est cul nu que je te veux !

Putain ! Lui aussi a le zboub qui joue à Hulk en certaines occasions !

Je lui bande les yeux de telle façon qu’il ne pourra rien voir, même en regardant par-dessous. Pendant que j’étais à fouiller dans l’armoire, j’ai pris des liens et je l’attache à la chaise.

Jamais son sexe ne m’a paru si gros.

– Mais… mais… oohh… mais qu’est-ce que tu me fais ?

– À ton avis, Pablicito ? Je te fais des tresses ou je te branle ?

– Mais ne me dis pas… ne me dis pas que… que tu le…

– Bon, si tu ne termines pas tes phrases, autant arrêter tout de suite !

Assise sur la table, je cesse de le branler et recroise mes jambes en tailleur.

– NON ! N’arrête pas ! Tu… tu le faisais avec tes pieds ?

– Eh oui, Pablito ! Gagné !

En guise de récompense, je reprends la punition là où je l’avais arrêtée. Je sens mon plaisir plus intensément que je ne l’aurais cru.

Comme je n’ai pas envie que Pablito jouisse trop vite, je dois me concentrer… être attentive…

Je dois regarder sa queue entre mes pieds gaînés de noir, mes pieds qui vont et viennent… Je dois guetter les prémices de son orgasme pour arrêter à temps cette caresse-là…

Je dois être attentive aux fourmillements de son sexe sous la plante de mes pieds, au cas où ma vue ne suffirait pas…

Le contact de nos peaux séparées par cette fine épaisseur de nylon… la vue de son gland disparaissant, réapparaissant entre mes pieds… son souffle… ses mouvements brusques et malhabiles pour tenter de se libérer de ses entraves…

Je risque de me laisser emporter… de perdre le contrôle…

Alors, je fais une nouvelle pause. Pablito m’entend me lever.

– Bouge pas ! Je reviens !

Pablito ricane. Entravé comme il l’est, il ne le pourrait pas, quand bien même le voudrait-il… j’avais prévu sa réaction. Il m’offre une bonne raison de prolonger sa punition.

Je fouille bruyamment dans mon sac, en pestant, soit-disant à la recherche d’un briquet, qui est, en fait, sous mes yeux, posé sur le guéridon à côté de mon paquet de cigarettes. Cette ruse n’a pour autre but que de masquer le bruit de la caméra, que je sors de son étui.

La lumière sera idéale…

Je reprends ma place sur la table. Allume ma cigarette et commence à nous filmer. Je filme mes pieds. Je filme son corps entravé…

J’approche la cigarette de sa bouche et quand il s’apprête à en tirer une bouffée…

– Non ! Finalement, tu ne le mérites pas !

J’ai posé mon pied sur sa cuisse. Je bouge mes orteils pour le titiller, mais je préfère attendre d’avoir fini ma cigarette avant de le branler à nouveau. Je m’arrange juste pour le maintenir dans cet état d’excitation tout en filmant, fascinée, mon pied de noir gainé aller et venir sur sa cuisse à la peau si pâle…

La cigarette aux deux-tiers consumée, jetée dans le cendrier, d’une main, je filme mon pied droit remontant de son genou à sa cuisse… mon pied droit rejoignant le gauche… son visage tandis que je le branle… de l’autre, je me caresse.

Tel un guépard pris au piège, il se débat, se cambre, cherche à se libérer…

– Par pitié, ma jolie… ! Par pitié… ! Laisse-moi te regarder faire… ! C’est une véritable torture… !

– Oh… mon Pablicito… ! Mon pauvre Pablicito… je voulais juste de punir… pas te torturer…

Je peux lire l’espoir dans son sourire presque apaisé.

Alors, j’arrête mes caresses, pour remonter le long de son corps… mon pied sous son tee-shirt immaculé… son petit cri entre déception et excitation… le contraste des matières… des couleurs… ce que je vois au travers de l’objectif… tout concourt à faire exploser mon plaisir violent… sauvage… Pablito se penche sur mon pied crispé par l’orgasme…

Je décide d’arrêter là cette torture. Je pose la caméra et de mes deux pieds, lui offre ce plaisir auquel il n’osait rêver…

Je regarde, fascinée, sur mon bas noir ma cheville et mon mollet tachés de son sperme.

Je le délivre enfin. Il remarque la caméra posée sur la table, sourit comme un gamin ravi de s’être inquiété pour rien.

– Ah… tu as tout filmé ! Tu veux bien me montrer ? 

– Bien sûr, Pablicito !

Les images défilent sur l’écran et le film s’achève.

– Tu l’as fait exprès ! Tu n’as même pas filmé ce que tu… oh… tu es… CRUELLE !

Je le regarde et dans un sourire faussement hautain, lui réponds :

– Tu voulais une punition, non ? Si j’étais cruelle, comme tu l’affirmes, je n’aurais pas tant hésité à te punir…

Sa moue m’indique qu’il a compris la leçon, à ses dépens. Alors, magnanime, je lui dis :

– Regarde, pour te donner une idée…

Et dans une position moins confortable, à ses côtés sur le canapé, je prends son sexe mou, flapi, entre mes pieds et commence à le caresser.

– Quand ta queue aura repris de la vigueur, si tu le veux, je recommencerais…

Son sourire… son regard…

– Je peux ?

Pablito reprend son bloc, pose artistiquement mon pied sur le guéridon et commence à dessiner…

D’autres plaisirs qu’ils découvrent ensemble

 

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2 réflexions sur “Enfin puni (2016)

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