Passer du rêve à la réalité (2015)


Quand tu ris, tu es plus séduisant encore, et quand je réussis à te faire rire, c’est comme si toutes tes qualités déteignaient sur moi…

J’aime ce jeu, notre jeu où tu sembles rire à mes dépens, alors que nous savons l’un comme l’autre qu’il n’en est rien.

Dès que nous avons commencé à remonter ce boulevard, nous nous sommes livrés à ce petit jeu. À chaque bon mot, tu te détends un peu plus, à chaque vanne, je deviens plus sereine…

Je me demande si tu vas vouloir connaître ce rêve récurrent dont je te parlais durant ton absence. Je me le demande avec appréhension, parce que je n’ai toujours pas trouvé les mots pour te le raconter. Ceux qui me viennent à l’esprit sont trop crus et te regarder droit dans les yeux en les prononçant risquerait de provoquer l’effet inverse à celui escompté. Je voudrais que l’idée te tente, que l’envie monte en toi, et que tu désires vivre cette étreinte avec moi.

Mais tu ne me poseras pas la question. À cet instant, je ne sais rien de tout cela.

J’aime nos rencontres dans les lieux publics, tu sais à quel point je les aime. Pourtant, j’apprécie le confort de nos retrouvailles. Je l’apprécie avant même de savoir ce qu’il se passera.

Serrés l’un contre l’autre dans l’ascenseur, je m’enivre de ton odeur, de ta chaleur. Je me sens bien avant même de t’embrasser.

Tu découvres la chambre et tu es satisfait. Certes, je t’ai connu plus habile pour déboucher le Champagne, mais nos rires, qui ont éclaté en même temps, finissent de me rassurer. À cet instant, je sais que la soirée se passera bien, même si je n’en ai pas encore tout à fait conscience.

J’aime nos caresses, nos baisers. J’aime quand tu offres ton sexe à ma bouche. J’aime la façon dont tu me touches, la précision de tes caresses. Je me laisse aller… tu te laisses aller, c’est sans doute ça la magie.

Passer du rêve à la réalité - partie 1Quand tu es sur le point de jouir, j’aime ces pauses Champagne, ces pauses cigarettes.

J’aime te laisser me pénétrer sans te guider pendant que je regarde par la fenêtre. J’aime me sentir pleine de toi, te sentir aller et venir et ensuite, te goûter nappé de mon plaisir. Si tu savais à quel point le goût de nos plaisirs mêlés est divin quand je le lèche sur ta queue…

Tu m’as fait découvrir tant de formes de jouissances insoupçonnées depuis que nous nous connaissons…

Mes fesses se tendent vers ta main… elles semblent réclamer leur dû… elles s’ouvrent sous tes caresses… oh… comme ta langue est divine… ! J’aime vraiment sentir ton sexe aller et venir dans toutes les parties de mon corps… j’aime ses va-et-vient dans ma bouche… j’aime, même s’ils se font plus rares ces derniers temps, ses va-et-vient dans ma main… j’aime ses va-et-vient dans mon sexe… et… oh, putain… ! que j’aime ses va-et-vient dans mon cul !

Tu sembles ne pas t’en apercevoir, mais ces pauses, ces variations de plaisirs sensuels, déclenchent ce feu d’artifice d’orgasmes… Cet état me met en transe parce que je ne connais jamais à l’avance la force de l’orgasme qui va éclater en moi… et c’est merveilleux. J’aime m’abandonner totalement, parce que je te donne ainsi la possibilité de t’abandonner à ton tour… et surtout… c’est tellement bon !

Nous parlons, aussi… de moins en moins me semble-t-il, mais je n’en suis même pas sûre… je ne suis pas ivre, loin de là, mais tellement détendue… tellement… libérée…

Soudain, tu regardes ta montre. Je sais ce que ça signifie… dans peu de temps, il te faudra partir… Je n’en suis pas vraiment triste, mais je trouve que les heures ont passé trop vite. J’aurais voulu que ce moment ne s’arrête pas si vite, pas déjà, mais tu m’as rendue déjà tellement heureuse, et à cet instant, je sais que ce plaisir a été réciproque. Pour exprimer tout ça, je ne trouve pas mieux que de te dire :

– T’en as déjà marre ? Dis-le tout de suite, si tu te fais chier !

Tu ris, maintenant que je connais la suite, je me demande si tu as ri plus de l’incongruité de ma question ou parce que tu as pris conscience que je n’ai pas compris.
Tu me réponds qu’il est déjà 19 heures 30 et que si on veut dîner, il ne faudra pas tarder. Je comprends que tu aies faim, mais je n’ai pas très envie de perdre au moins une demie-heure au restaurant, alors que nous sommes tellement bien ici. Pour autant, je n’ai pas plus envie que tu te prives de dîner. Je te demande à quelle heure tu dois partir et là… tu me réponds

– À quelle heure j’étais parti l’autre fois ?

– Vers les 5 heures du mat…

– Bon, ben ça risque d’être à la même heure lundi…

Putain ! Dans ma tête, c’est une explosion de joie incrédule ! Nous allons passer deux jours et deux nuits ensemble !

Il nous faut bien une demie-heure encore avant de nous résoudre à arrêter de nous toucher, de nous embrasser… Tu aurais voulu jouir dans mes fesses, mais finalement… ma bouche…

J’en suis profondément heureuse, mais je me dis que j’ai laissé passer ma chance de te parler de mon rêve récurrent. Je devrais m’en vouloir, mais non… si les mots ne sont pas venus, c’était peut-être tout simplement parce que ce n’était pas encore le moment… Je me dis ça, sans aucun fatalisme.

Nous allons dîner et je sais qu’à notre retour, tu devras dormir, même si je me doute qu’il y aura quelques câlins avant que tu ne rejoignes Morphée.

Tu sembles vraiment heureux, pleinement heureux, comme si ce bonheur t’apparaissait comme une évidence… J’aime la réciprocité de ce moment.

J’ai appris à mesurer le degré de ton bonheur à la façon dont tu me vannes… et ce soir… Oui ! Tu es heureux ce soir ! Mais bon, je ne suis pas en reste non plus, à un moment, tu fais semblant d’être chagriné par une de mes réflexions, je te fais remarquer que c’est une plaisanterie… et je comprends, qu’une fois de plus, une fois encore, je suis tombée dans le panneau ! J’adore ces moments-là !

Nous rentrons nous coucher, et allongés sur le lit, dans la pénombre… je crois remarquer que ton corps à bien envie de recevoir ce dont j’ai rêvé… mes caresses, les caresses de ma langue, mes baisers se font plus précis…

Alors, je me laisse aller… totalement… la toute première fois que je t’ai sucé… c’était la première fois pour moi… je n’avais aucune idée de comment on faisait… je n’avais sucé que des sexes de femmes… je m’étais laissée guider par mes sensations… et tu m’as dit une fois que je te suçais comme personne, que personne ne te donnait autant de plaisir avec sa bouche que moi… si ça a marché pour les pipes… pourquoi pas pour ça ?

Étrangement, je me fais suffisamment confiance pour savoir que j’arrêterai tout dès que tu ressentiras la moindre sensation désagréable sans que tu aies besoin de me le dire… Je veux que tu n’associes cet instant qu’au plaisir pur, un plaisir presque animal…

J’en avais rêvé tant de fois, pourtant, je suis étonnée de prendre autant de plaisir à te lécher l’anus… à le sentir se détendre sous les caresses de ma langue… et ces mots que tu dis… je ne te vois pas, mais te sens presque en extase…

Est-ce que ces rêves que j’ai faits en ton absence ne seraient pas les tiens que tu m’aurais transmis à ton insu ? Je me suis posé la question quand j’ai commencé à te caresser avec le gel, puis à te pénétrer….

J’essayais d’y aller le plus lentement possible, le plus délicatement et le plus assurément aussi… Pour que tu ne gardes que de bons souvenirs, mais aussi pour susciter l’envie d’en avoir encore plus… plus loin en toi…

J’ai conscience que je peux te faire ressentir EXACTEMENT ce que tu m’as fait ressentir… ce sera peut-être le seul plaisir que nous aurons en commun… réellement en commun… mis à part les baisers… À nouveau tes mots m’encouragent… je ne sais même pas si tu as conscience de ceux que tu emploies… Mais c’est tellement bon de te sentir te dilater sous mes doigts… de sentir la chaleur de l’intérieur de ton corps… de sentir les soubresauts de ton ventre… les sursauts de tes cuisses qui s’ouvrent, se ferment… se lèvent aussi pour que je puisse aller plus loin…

Je crains au bout d’un certain temps de te faire un peu mal, alors, je fais le même parcours sensuel decrescendo… Nous avons fait quelques pauses… J’ai vécu les trois-quarts de mon rêve… Alors, je peux me coucher sereine à tes côtés et dormir près de toi…

Seulement, tu n’as plus très envie de dormir… ! Tu me fais l’amour de cette façon que j’adore…

Totalement libérés du moindre tabou, nous ne faisons qu’un, nos mots, nos cris se répondent… et quand je prends conscience de la double pénétration, je réalise que j’avais ce fantasme en moi…

Aurais-tu, toi aussi, fait des rêves durant ces 24 jours ? Est-ce que ces rêves n’auraient pas été juste les miens que je t’aurais transmis à mon insu ?

Je m’abandonne à mon plaisir au-delà même de l’abandon… et cet abandon me confère une force vitale incroyable… Je veux croire que c’est réciproque. Je ne me suis jamais sentie plus respectable, plus respectée qu’à cet instant précis.

IMG_0082 (2)Je ne me souviens pas des rêves que j’ai fait cette nuit… mais je me souviens parfaitement que ce fut une nuit de rêve.

Puis, le jour s’est levé…

Tu as l’air bougon, mais c’est un rôle que tu joues. Tu le joues à la perfection, alors, je ne m’en aperçois pas tout de suite.

Tout comme tes reproches, je ne comprends pas qu’ils ne te servent que de prétexte.

– Tu as profité de mon ivresse pour assouvir tes fantasmes, les plus pervers… je n’ai été qu’un jouet…

Je te regarde, incrédule, un peu angoissée. C’est donc la seule chose que tu retires de cette nuit ? Je la voulais pleine de plaisirs, d’émotions, un peu comme un bouquet que je t’aurais offert et tu n’y as vu que perversion ?

– … puisqu’il en a été ainsi, puisqu’il nous reste encore une longue journée et une longue nuit devant nous, tu DOIS accepter d’assouvir le mien… un des miens… celui auquel je pense depuis longtemps…

C’était donc là où tu voulais en venir !

Après le petit-déjeuner, tu m’entraînes dans une course folle. Tu me parles de cet ami en qui tu as toute confiance. Cet ami qui sait tout de nous. La seule personne à savoir que j’existe, que je fais partie de la face cachée, obscure de ta vie. La seule personne avec laquelle tu as envie de partager un moment d’osmose sensuelle, de me partager.

Excitée, troublée, j’accepte. Sans même me demander s’il me plaira, si je vais lui plaire. Tu lui téléphones.

Je suis sortie de la chambre parce que je ne voulais pas savoir dans quels termes tu lui proposerais cette aventure.

Sur le chemin qui nous mène à cette autre chambre d’hôtel, à l’autre bout de Paris, je te demande pourquoi, tu ne lui as pas dit de venir nous rejoindre dans celle que nous occupons.

– C’est la nôtre. Je ne veux pas que mes souvenirs, que tes souvenirs se mélangent.

Le cœur battant, j’entre dans cette suite –ton ami a des goûts de luxe !–.

Je te reconnais en lui. Pourtant, vous ne vous ressemblez pas. Ses mains tremblent un peu. En les voyant, je constate que nous tremblons tous les trois. Autant de peur que d’excitation. Nous parlons, nous rions, l’ambiance se détend pourtant il y a comme de l’électricité dans l’air.

Je m’aperçois qu’il en sait bien plus que je ne l’aurais cru. Ses allusions impudiques à certains détails de notre intimité devraient me faire rougir. Elles ne font que m’exciter.
J’ai fait semblant de ne pas les aimer, de te reprocher d’en avoir trop dit, mais tu glisses la main sous ma robe, entre mes cuisses et je suis démasquée.

J’aime ton rire qui éclate comme le top départ d’une épreuve sportive. Il finit de me mettre tout à fait à l’aise.

Je prends sa main, la guide près de la tienne.

– Puisqu’on en est là, autant faire pleinement connaissance… je te présente l’état de ma chatte, quand Monsieur rit comme ça, qu’il me touche comme ça…

Ton ami se sert d’un bout de ma robe pour l’essuyer, la rendre toute sèche en me disant :

– J’ai vu dans quel état il arrive à te mettre, laisse-moi découvrir dans quel état tu seras avec moi…

Dans ton regard, je lis comme un éclat de folie, un laisser-aller presque animal. Et je sais que tu lis le même dans le mien.

Il m’entraîne vers le lit, tu es à mes côtés, mais un peu en retrait. Il retire ma robe, fait la moue en constatant que mon sexe est moins humide que lorsqu’il a fait connaissance avec lui. Il se déshabille, je regarde son sexe et j’ai une envie folle de le goûter. Il m’a caressée avant que je m’agenouille.

–Voilà qui est mieux… ! Voilà… oui… embrasse-moi… comme ça… Tu avais raison, elle suce divinement bien !

– Entre autres… entre autres…

Je devrais être furieuse de la façon dont vous me traitez, mais je sais que vous jouez ce jeu pour pouvoir dominer votre peur, votre pudeur. Ton ami se demande certainement s’il arrivera à me faire aussi bien l’amour que tu me le fais. Et tu te demandes s’il ne risque pas de me faire jouir un peu mieux que toi.

Tu lui en as tellement dit, qu’il sait exactement comment me faire toucher les étoiles. Je ferme les yeux pour profiter de ses caresses, de ses baisers, de son sexe dans le mien, mais je n’arrive pas à jouir pleinement. Tu t’en aperçois, alors, tu me demandes de le regarder, de te regarder.

Et ta méthode s’avère efficace. Je jouis une première fois. Ton ami se retire. Me regarde. Te regarde. Je ne vois que ton sexe dressé dans ton pantalon. Je me demande si le tissu ne va pas se déchirer tant il est tendu.

– Viens près de moi… je t’en prie, viens près de moi… !

– Je veux que tu t’offres à lui, je veux que tu t’offres complètement… Je veux qu’il voie comme tu es belle quand tu t’abandonnes… je veux qu’il connaisse ce plaisir… Ce plaisir fou qu’aucune autre n’a jamais été capable de me donner…

Tes mots finissent de me convaincre. Je me laisse aller. J’ose accepter ses caresses, sa façon de me prendre, avec un réel plaisir, avec l’envie de faire naître en lui des désirs auxquels il n’aurait pas pensé.

Il me fait l’amour violemment.

Il me fait l’amour passionnément.

Il me fait l’amour tendrement.

Comme toi, il ne souhaite pas jouir plusieurs fois. Comme toi, il est adepte de l’orgasme unique. Mais je reste convaincue que c’est une hérésie.

Je vois dans tes yeux que tu as envie de me faire l’amour. Que tu en crèves d’envie. Mais je sais que tu ne le feras pas. Que tu veux jouir de me savoir offerte, et pourtant aimante.

Je profite qu’il se soit allongé afin de se reposer un peu en fumant une cigarette, pour lui écarter les jambes. Je lui gobe ses boules avec délice, il a l’air surpris des sensations que ça lui procure. Je te fais un signe de la main, pour t’inviter à me rejoindre, à regarder ce que je suis en train de lui faire.

Je vois dans tes yeux, que tu revis le plaisir que je t’ai offert cette nuit et que je suis en train de lui faire découvrir.

Ce ne sont pas les mêmes mots qui s’échappent de sa bouche, mais c’est la même mélodie. Lui aussi invoque un dieu, mais ce ne sont pas les mêmes prières.

–Merci… oh…. merci…

J’observe avec attention son regard pour pouvoir y lire le plaisir que je n’ai pu voir dans le tien cette nuit, à cause de l’obscurité et parce que je ne savais pas à quel point ça me manquerait.

Tu reviens vers lui et lui glisses quelques mots à l’oreille…

Il me demande de me mettre à quatre pattes, tu tournes autour de nous, tu épies sa façon de faire, il me semble que tu le conseilles parfois, mais je n’en suis pas certaine. J’ai déjà décollé vers une autre planète.

Tu m’exhortes

– Oui… c’est ça… ! Oui… comme ça… ! Oui… lâche-toi… ! Laisse-toi aller… ! Oui… donne-toi… ! Donne-toi !

Ce dernier orgasme d’une puissance incroyable me déchire le ventre, je regarde le drap persuadée que je vais y voir mes tripes… mais non.

Ton ami s’accroche à moi et jouit à son tour en poussant un cri d’une telle sauvagerie… comme si toutes ces années de bienséance, de « ce qui se fait et ce qui ne se fait pas » voulaient s’enfuir de lui…

Tu as plaqué mon visage contre ton pantalon et je sens l’humidité de ta jouissance contre ma joue. Tu me prends la main, me relèves, m’embrasses en me remerciant d’être celle que je suis.

Ton ami nous dit au revoir.

– Merci de m’avoir permis de faire l’amour à la plus belle femme du monde. Et merci, à toi de m’avoir offert ce que tu es en me permettant d’être ce que je suis.

La nuit va bientôt tomber. J’ai fait l’amour pendant presque dix heures avec un inconnu, dont je ne connais pas le prénom. Tout ce que je sais de lui, c’est qu’il a un joli tatouage sur l’avant-bras. Est-il marin ? C’est ce que laisse supposer cette ancre…

Passer du rêve à la réalité parie 2

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