Plantons le décor (2016)


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– Faites comme si vous ne saviez pas que je suis là, mais n’oubliez pas que je le suis… !

Quand nous avons déballé nos cadeaux, lors de notre dernière rencontre, nous avons été tous trois fort étonnés.

Je voulais vous surprendre en ne choisissant pas des cadeaux d’ordre sexuel. Tu as eu la même idée. Ainsi que Pablito.

Ce fut la première de nos surprises.

Mais ce qui nous a sidérés, c’est que chacun de nos cadeaux se répondaient…

Mon Prince, tu sais à quel point j’aime ta façon de photographier. Tu as tout l’équipement nécessaire, mais, au détour d’une conversation, lors d’une de nos rencontres d’avant Pablito –comme cette période me semble lointaine… !– tu m’avais dit que tu regrettais de ne pas pouvoir laisser de façon permanente cet éclairage qui donne un je-ne-sais-quoi à tes clichés.

Ce fut donc mon « cadeau surprise ».

Pendant nos discussions nocturnes, Pablito dessine. La plupart du temps, il semble ne pas s’en rendre compte, des sortes de « dessins automatiques », comme on parle d’écriture automatique.

Néanmoins, il lui arrive parfois de se lever, d’échancrer davantage une de vos chemises que je porte, de me pencher un peu en avant, ou de déplacer mon bras, ma main. Sans un mot. Comme il déplace un des objets qui se trouvent dans son cadre, parce qu’il trouve la composition plus harmonieuse ainsi.

Je suis admirative de la précision, de la rapidité, de la fluidité de son coup de crayon et de la pureté de ses esquisses. Qu’il s’agisse de moi, ou d’un détail qu’il a capté en regardant par la fenêtre.

Il lui arrive, quand il se sert de ce grand bloc, de me demander de le lui tenir pour pouvoir regarder son dessin avec assez de recul. Même lorsqu’il ne veut pas que je regarde. Je n’ai jamais triché, sauf quand son injonction est en fait une invitation… question d’intonation, d’éclat dans son regard et de sourires complices…

Le « cadeau surprise » que j’ai offert à Pablito fut ce superbe chevalet.

De ton côté, tu lui as offert un assortiment de tubes de peinture, pastels, pigment et une jolie palette. Quand il a ouvert ton paquet, tu m’as dit :

– Parce que pour la couleur, tu as devant toi un p’tit chef !

J’ai ri de t’entendre citer cette réplique d’un de mes films préférés.

Pablito a légèrement rougi, nous le lui avons fait remarquer. Pour masquer son embarras, il a tenté une plaisanterie –c’est fou comme nous nous ressemblons tous les trois sur ce point !–

– Alors « Madame j’ai toujours le mot exact », quelle est la teinte de mes joues ?

– Cuisse de nymphe émue !

Ma réponse a fusé, sans la moindre hésitation. Surpris, il s’est regardé dans le miroir et a sifflé d’un air admiratif.

Un instant de bonheur à l’état pur, que nous avons engrangé dans nos mémoires.

J’ai attendu que tu aies déballé le cadeau de Pablito avant d’ouvrir les miens. J’ai toujours été émerveillée de ta façon de siffler, mais quand tu as découvert ce qu’il t’offrait, ton sifflement a été tout à la fois exceptionnellement long, surpris et joyeux.

– Avoue que tu en rêvais, non ?

– T’es fou… t’es fou… !

Je sais que c’est une sorte de déclencheur à distance, aussi qu’il t’offre d’autres possibilités incroyables.

J’ai ouvert vos cadeaux, et nous avons éclaté de rire.

Je ne pensais sincèrement pas que les rares petites vidéos que j’avais faites vous avaient tellement plu ! Quand je saurai maîtriser la caméra que tu m’as offerte et le logiciel de montage de Pablito, vous m’introniserez scénariste-réalisatrice de notre trouple.

Après avoir festoyé de nos corps, alors que nous riions encore d’une de nos plaisanteries et avant de regagner nos foyers respectifs, une idée a germé dans nos esprits. J’écris « dans nos esprits » parce qu’une fois de plus, nous finissions chacun les phrases des autres.

Peut-on parler de mise en abyme ? Il en a été question.

Nous nous sommes accordé quelques jours de réflexion avant de tenter cette première expérience

Ce matin, nous sommes arrivés au même moment.

Pablito a installé son chevalet.

Tu m’as ôté un à un mes vêtements. J’ai fait de même. Un baiser, une caresse pour accompagner chacun de nos gestes.

– Faites comme si vous ne saviez pas que je suis là, mais n’oubliez pas que je le suis !

Un regard nous a suffi. Je m’arrache de ton étreinte et me précipite vers Pablito.

– Hors de question que tu sois habillé pendant que tu nous dessines.

Il rit. J’aime les ondulations de sa peau quand mes mains le dévêtissent.

Pendant ce temps, tu installes l’appareil photo et tu te munis de ton déclencheur « magique ». Tu pourras contrôler la prise de vue depuis ton smartphone, c’est le côté magique de l’objet.

– Un p’tit sourire pour la photo ?

Je suis agenouillée devant Pablito, qui prend la pose, te regarde, souriant, pinceau levé, et l’autre main posée sur ma tête. Son sexe au fond de ma bouche m’empêche de sourire…

Clic.

La première photo est prise.

Premier souvenir de cette nouvelle aventure.

Tes réglages terminés, tu reviens à la place que Pablito nous a désignée tout à l’heure.

– Hey, ma jolie ! Termine ce que tu as commencé ! Tu ne peux pas me laisser dans cet état-là !

Je ne prête aucune attention à la plainte de Pablito.

Quand tu entres en moi, je suis au comble de l’excitation.

– Putain… ma Fée… ! Tu es trempée… !

Nous n’accordons plus aucune attention à Pablito. Quelle sera la position, l’instant qu’il décidera de dessiner ?

Je sais aussi que régulièrement, l’appareil photo se déclenchera pour une réelle mise en abyme.

coupleMais tout ce qui m’importe à cet instant, ce sont tes dents dans mon cou, ta main sur mon sein, l’autre sur mon clitoris, ton sexe gonflé qui va et qui vient dans ma chatte, tes couilles qui cognent sur mes fesses… dans un crescendo sensuel et intemporel…

– Oh oui… ! Cambre-toi comme ça ! Oh… c’est trop beau !

J’entends la voix de Pablito, mais je ne sais pas à qui elle s’adresse.

Je me cambre davantage. Je sens ton sexe tout au fond de moi. Il me semble que tu te cambres aussi.

– Dis-moi que tu aimes ça, ma Fée… dis-le moi… !

J’aurais voulu te répondre, mais seul un cri de plaisir a jailli de ma bouche.

– Oh… comme j’aime quand tu jouis comme ça… !

Je sens ta morsure déchirer la peau de mon épaule. Je sais que tu jouis aussi. J’aime sentir ton bas-ventre vibrer ainsi.

Bientôt, Pablito prendra ta place.

Et tu seras l’artiste aux commandes pour fixer ce moment.

Mise en abyme

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