Ton premier concert – Café de la Danse, 2 novembre 2015


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Mathieu Saikaly, Café de la Danse, Paris, 2/11/2015 (Photo Angelina Colliot)

Quand nous avons décidé d’y aller, tu m’as dit qu’il s’agirait du premier concert auquel tu assisterais. Je savais, tu savais que ce n’est pas tout à fait exact.

Tu connais ma manie de l’exactitude, de la précision… mon côté Monk… Tu vois, si Johnny chantait « on a tout en nous quelque chose de Tennessee », je pourrais écrire « on a tous en nous quelque chose de ce cher Monky » !

Ton premier concert, on vous y avait emmenés, ton frère et toi à l’époque où nous n’étions que quatre, quatre ans avant la naissance de ta sœur… Il y a vingt ans déjà…

Ce festival à la MJC de Saint-Germain en Laye. Les anecdotes te concernant, je te les ai racontées des centaines de fois… ce mec a qui tu avais confisqué le paquet de feuilles à rouler, ton entêtement à ne pas vouloir les lui rendre… ton look hors-norme qui nous faisait tant craquer… ta colère quand tu as cru que le violoniste des Raymorah avait pris l’instrument de « Tata Sabine », le mal qu’on avait eu à t’empêcher de monter sur scène, petit Ange qui voulait redresser tous les torts –te l’ai-je raconté, tu croyais que c’était grâce à son violon que Sabine avait fait venir le Père-Noël à la maison, le Noël précédant ? Que c’est pour cette raison que tu avais voulu apprendre à en jouer ?–… ta voix claire, quand tu reprenais en chœur les chansons des Voleurs de Poules… et tu dansais… tu dansais comme une petite flamme fascinante…

Mais tu étais trop petite pour t’en souvenir maintenant…

Alors, je veux bien te concéder que ce 2 novembre était ton premier concert…

Sur le chemin, je pensais à nos yeux surpris quand nous avions vu qu’il habitait à Cachan. Je me souvenais t’avoir prédit, d’un air blasé, dès le premier prime-time qu’il n’était pas assez mainstream, assez formaté D8 pour remporter la victoire. Et je me trompais !

J’avais peur qu’il perde son âme, qu’il se fasse dévorer par le méchant ogre des majors, qu’on lui gâche son talent avec un disque bâclé, comme c’est arrivé à Sophie-Tith.

Puis, il y a eu ces émissions sur France-Inter, ses collaborations avec Nicolas Rey. Une fois de plus, je m’étais trompée. Une fois encore, j’en étais enchantée.

Nous n’avions pas pu le voir à la Fête de la Musique en 2014… tu en avais été tellement déçue…

2 novembre 2015. C’est ton premier concert et tu me fais l’honneur, tu m’offres ce bonheur de le partager avec moi ! Je garderais en mémoire ces instants magiques, cette complicité entre nous. Entre nous tous, je veux dire.

Et aussi entre nous deux « Tu as vu, maman ? C’est Alvaro, là devant nous ! »

Pour ton premier concert, dans cette salle qui a vu passer tant d’artistes que j’aime tant –dans cette même salle où j’étais allée, quelques jours auparavant, écouter un des chanteurs préférés de mon adolescence– dans cette salle pourtant rodée, archi rodée, il y a eu ce problème technique.

Tu y as vu un manque de chance, mais j’y ai vu tout le contraire. Parce que ce sont ces incidents qui font que certains concerts restent uniques.

Ces concerts dont tu pourras dire, plus tard « J’y étais ! », qui feront de toi le membre de ce club fermé, comme un sésame dont seul le public présent ce soir-là pourra comprendre la signification.

Alors, tu te rappelleras que tu étais assise au 2ème rang, à gauche.

Tu te souviendras des échanges entre Mathieu et les techniciens, entre le public et Mathieu, entre Mathieu et le public.

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Mathieu Saikaly et Pauline, Café de la Danse, Paris 2/11/2015 (photo A. Colliot)

Surtout, tu te souviendras de la pureté, de la force, de la fragilité, de la voix vibrante de Pauline. Quelques semaines ont passé et je me demande si cet incident n’était pas un écrin pour sa voix que nous aimons tant…

Des souvenirs comme ceux-là, je te souhaite d’en vivre des centaines, d’en vivre des milliers, que tu ne retires de ces « coups du sort » que l’aspect « coups de chance », que lorsque tu te diras « le verre est à moitié vide », tu n’aies qu’un réflexe… le remplir à nouveau.

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Mathieu Saikaly, Café de la Danse, Paris, 2/11/2015 (Photo : A. Colliot)

Six petites lettres, trois photos

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