Nyotaimori (2015)


@Nat Krate – Vitruvian Woman
Puisque tu as parlé de dîner, nous devons être jeudi soir

Me suis-je endormie ? Il me semble que tu ne t’es pas absenté longtemps avant de poser ce truc plat et froid sur mon ventre.

Je suis à nouveau totalement aveugle, sourde et muette.

À ta merci et consentante.

Je sens ton sexe si dur, si gros aller et venir dans le mien et il me semble que tu manges. Tu as dû poser une assiette sur mon ventre et pour qu’elle ne risque pas de tomber par terre, tes mouvements sont lents. Quand mon ventre est secoué de spasmes, tu soulèves l’assiette pour lui éviter une chute.

Soudain, tu te figes au plus profond de moi, déplaces mon bâillon et glisses une bouchée de poisson dans ma bouche. De l’anguille fumée ! Je t’en avais fait découvrir toutes les subtilités lors de notre séjour à Haarlem, en t’affirmant que je pourrais me damner pour elles.

Tu me laisses le temps de déguster cette bouchée avant de remettre le bâillon en place et de reprendre tes va-et-vient. Je n’ai eu droit qu’à une bouchée alors qu’il me semble que tu manges à satiété.

L’assiette n’est plus sur mon ventre, mais tu as parsemé divers aliments sur mon torse, en une sorte de ligne qui va du haut de mon sternum jusqu’à mon pubis. N’ayant que ma peau pour sentir ce que tu as déposé, je deviens encore plus réceptive à chacun de tes mouvements, de tes gestes…

Un orgasme violent me secoue… Tu ne bouges plus, tu es en moi, à mi-course et parfaitement immobile. Tu laisses passer la vague. Ensuite, tu me rends l’audition pour quelque temps.

– Si tu veux manger, tu devras deviner ce que je te présente.

Alors, tu descends mon bâillon. Je sens le tissu juste sous mon menton. Tu choisis un aliment qui était posé entre mes seins, tu le promènes sur mon corps… dans mon cou… autour de mon mamelon… sous mon sein gauche… puis, lentement, vers mon pubis… et tu lui fais suivre le chemin inverse… je le sens à la commissure de mes lèvres…

– Alors ?

C’est frais… un peu dur, mais pas trop…

– Un bâtonnet de carotte ?

– Non

Je t’entends croquer dedans pendant que tu vas et viens en moi. Quelle douce torture… !

Notre dîner se passe comme ça… Quand je me trompe, tu manges ce que tu m’avais présenté, tout en me limant… Le terme n’est pas des plus gracieux, mais je n’en connais pas de plus précis pour décrire ta façon de bouger en moi.

En revanche, si je trouve, non seulement, j’ai le droit de manger, mais tu te fais plus délicat… Je veux dire, tu me fais ces trucs dont je raffole comme, par exemple, me caresser la vulve avec ton gland… ou rouler mon clitoris entre ton pouce et ton index… parfois, tu me lèches, sans jamais me laisser atteindre l’orgasme…

Au début, je me trompe presque une fois sur deux, mes sens s’affûtent et, rapidement, je ne me trompe plus qu’une fois sur dix… Moins je me trompe, plus tes caresses, tes attentions sont longues. Ce qui est plus que motivant !

J’aime ce que tu fais de moi, avec moi, en ce moment donné.

Je ne sais pas où tu as posé ton stock d’aliments, mais très régulièrement, tu garnis mon corps de nouveaux mets… Combien de temps dure ce repas ? Je n’en ai aucune idée… Combien d’orgasmes m’offres-tu ? Combien d’orgasmes me refuses-tu ? Aucune idée non plus.

Je te demande, te supplie presque, de jouir tout au fond de mon sexe, je veux te sentir exploser en moi… Tu as un tss tss réprobateur, tu remets mon bâillon, les bouchons d’oreille… Le repas est fini.

Me sentant à nouveau sourde, aveugle et muette, n’ayant plus rien sur ma peau, plus aucun aliment, plus le contact avec tes mains, la seule sensation qui me reste c’est le mouvement de ton sexe dans le mien… je me concentre dessus pour ne pas perdre contact avec la réalité… Alors, comme lors de notre séjour en Auvergne, je te vois, comme si la précision de mes sensations me redonnait la vue… Mon ultime orgasme explose avec une force et une violence incroyables et je t’entends crier, malgré les bouchons d’oreille, tant le tien est puissant.

Vibrant de tout ton corps, tu t’écroules sur moi, je sens tes lèvres contre mon cou, tu me parles, et même je n’entends pas tes mots, je sais qu’ils sont doux.

Nous restons ainsi quelques minutes, à jouir de nos sensations, puis doucement, tu me détaches, me prends la main, m’aides à me relever et me guides vers la salle à manger, où tu me rends la vue, l’ouïe et la parole.

Nous nous accordons sur ce principe, je ne devrais en aucun cas voir ce à quoi tu m’attaches et accepter d’être soumise à toi avant de pouvoir entrer à nouveau dans la chambre.

Je suis moins ankylosée que je ne l’aurais cru après toutes ces heures où j’ai été entravée. Je profite de cette liberté de mouvements retrouvée pour aller aux toilettes tout en étant étonnée de ne pas en avoir ressenti le besoin plus tôt.

Dans la nuit du jeudi au vendredi

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