Insolence et conséquences (2015)


17382_standardJ’ai reconnu ton pas dans les escaliers, ce qui m’a donné le temps d’allumer la chaîne stéréo. Il m’a fallu fouiller dans ma cave pour la retrouver. En fait, elle était entreposée dans mon grenier. Je savais qu’elle permettait d’écouter des 78 tours.

Tu connais mon goût du détail et de la mise en scène et tu le partages.

Tu ouvres la porte au son des notes d’Erik Satie.

Je t’accueille le regard humble, presque soumis et, tout en retirant ta veste, t’annonce que le thé sera bientôt prêt à être servi. La modestie que je simule m’interdit de sourire devant ton air émoustillé. Ma tenue de soubrette a produit l’effet que j’escomptais.

Je tourne autour de toi, puis t’invite à t’asseoir et je te sers le thé. Tu me reproches ma culotte et me dis que cet effronterie mérite une bonne fessée.

Paolo Eleuteri Serpieri

Ravie, je me soumets donc à ta sanction. Allongée en travers de tes cuisses, je suis obligée de regarder le plancher, mais je sens ton sexe durcir et gonfler contre mon bras.

Bien sûr, en mettant une culotte, je savais que ça te servirait de prétexte pour me fesser ! C’est bien pour cette raison que je l’ai mise ! Et c’est pour t’exciter d’avantage que j’en ai choisi une fendue…

Tu connais mon goût du détail, mais te doutes-tu du mal que je me suis donné pour en trouver une si ancienne ? Imagines-tu seulement le sacrifice que j’ai dû consentir en la retaillant pour qu’elle ne m’arrive pas à mi-cuisses ?

– Tu aimes ça, petite effrontée !

En effet, je sens mon sexe humide sous tes claques et tu le sens aussi..

– Oh… !

Je tremble de plaisir et je t’entends sourire. Toujours sur cette musique, au ralenti, tu me relèves, me prends par la main et m’ordonnes de m’agenouiller sur le canapé.

Tu décides de ne pas retirer ma culotte et tu me prends en levrette. Comme nous le préférons.

La musique ne couvre pas les floc floc de tes va-et-vient dans mon sexe dégoulinant. Seuls nos souffles et nos râles mêlés y parviennent. Alors, tu te retires tout à fait, contournes le canapé…

– Régale-toi, ma fée !

Tu m’autorises enfin à te déshabiller, en fait, tu me l’ordonnes. Jusque là, seul ton sexe sortait de ton pantalon. Tu es nu, mais tu exiges que je reste dans ma tenue de soubrette.

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Paolo Eleuteri Serpieri

Tu m’ordonnes de te sucer comme ci, de te lécher, de te gober comme ça et je t’obéis.

Puis, tu me laisses deviner ce que tu veux de moi… alors, quand je sais exactement quel chemin sensuel tu veux emprunter, je m’égare, deviens désobéissante, n’en fais qu’à ma tête…

Tu te laisses faire. Ce n’est pas ce que je souhaitais, alors, je te dis, d’un air contrit…

– Pardon de me montrer désobéissante…

Je pose mes doigts sur mes lèvres, comme si j’étais devenue soudainement craintive en remarquant ce petit martinet que j’ai déposé sur le guéridon à cette attention…

Martinet que, sinon, tu n’aurais pas remarqué… !

Instantanément, ton gland semble prêt à exploser.

Tes mains tremblent tout autant que mon corps frémit de désir quand tu t’empares de l’objet avec lequel tu me châtieras.

Tu ne retires pas ma culotte, tu te contentes d’en écarter les pans… Deux ou trois coups de martinet. Tu as dû vraiment te retenir, car je n’ai presque rien senti, en plus seul le tissu a été fouetté…

– Même pas mal !

Ma voix est claire, chantonnante ; mon ton, insolent et rieur.

– Même pas mal ? Tiens, voilà pour toi !

Tu y es allé un peu plus fort, mais encore sur le tissu…

– Même pas mal !

Outch ! Tu y es allé un peu plus fort, sur ma peau et deux doigts de ta main libre ont commencé un va-et-vient dans mon sexe trempé…

– Ah… ! Enfin, tu te tords de douleur !

Je n’ai aucune envie de te détromper. Au même moment, je comprends que tu n’es pas dupe… Je joue à la désobéissante, tu joues le maître qui m’infliges la sanction.

Tes doigts dans mon sexe se font de plus en plus pressants, présents et précis. Tu veux me faire jaillir, une fois encore tu y parviendras, même si –nous le savons aussi bien l’un que l’autre– nous voulons faire durer le plaisir.

Comme deux équilibristes sur un fil tendu vers l’orgasme, de ceux qui nous propulsent loin dans notre galaxie sensuelle. La galaxie que nous créons rien que pour nous. À chaque fois, quand je suis sur le point d’inonder le plancher, tu cesses pour me demander de te sucer de telle façon, ou de telle autre. Tes mots sont précis, mais, étrangement, jamais crus. Imagés, oui, mais pas crus.

Et tu ne cesses de me fesser que lorsque ma peau menace de céder, de se déchirer. Alors, à nouveau, les lanières retrouvent le contact du tissu.

De la même manière que tu m’empêches d’éjaculer, tu me contrains à ne pas te faire jouir. Pantelant, haletant plus que respirant, tu décides de faire une pause et m’ordonnes de te servir à boire « quelque chose de plus sérieux que ta tisane pour dame patronnesse ». Docile, je te demande ce qui te ferait plaisir.

– Dans un premier temps, du Champagne, n’espère pas me soûler et me faire sombrer dans une torpeur éthylique ! Tu dois recevoir une punition à la hauteur de ton affront !

Je baisse les yeux en me demandant si nous aurons bientôt l’envie d’inverser les rôles. Je reviens avec ta flûte en souriant. Parce que j’imagine la scène : moi en Sévéra, toi en homme soumis…

– Je déteste ton sourire insolent, viens par ici !

– Pardon…

– À genoux, si tu veux l’obtenir !

Tu as posé le martinet. Étrangement, mes fesses sont plus sensibles sous tes claques… Est-ce parce que tu y vas plus franchement ? Est-ce parce que ma peau est plus sensible ? La sensation est à la juste frontière entre la douleur et le plaisir. L’exacte fusion des deux… Je laisse échapper un petit cri. Tu en saisis parfaitement la signification.

 

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Paolo Eleuteri Serpieri

Je te sens derrière moi, je ne réalise pas tout de suite que tu es en train de me déculotter. Je n’en prends conscience que lorsque tu t’extasies du spectacle réjouissant de mes fesses rosies… rougies.

Je me demande si m’asseoir ne va pas être trop douloureux dans les jours à venir, mais cette pensée est fugace et s’évapore aussi vite qu’elle est née.

Tu ne me fesses plus, tu me dis que tu es décidément trop bon et que je ne mérite pas ta prévenance…

Tes doigts ont repris leur va-et-vient, je coule de plus en plus…

– Dieu sait que tes fesses m’inspirent toujours, mais là…

– Elles ne t’inspirent plus ?

Au ton de ma voix, tu as compris que je suis sortie du jeu, que je ne simule pas l’insolence, que c’est une vraie question teintée de dépit.

– Au contraire… au contraire… !

Toute à mon inquiétude, je n’ai pas remarqué que tu as ouvert le tiroir du guéridon, que tu as pris un des flacons de gel et un des godes, que nous avons disposés un peu partout dans l’appartement, pour ne pas à avoir à interrompre trop longuement une de nos galipettes, si l’envie nous prenait de nous en servir…

La fraîcheur du gel sur mes fesses endolories, réveillées, le long de mon sillon est autant apaisant qu’excitant…

– Le spectacle est encore plus réjouissant quand tes fesses brillent ainsi !

Tu fais entrer en douceur l’orchidée dans mon sexe et je prends conscience que je suis en train de me cambrer au fur et à mesure de sa progression, quand tu m’en félicites.

– Cambre-toi encore un peu, ma coquine insolente… ! Si tu veux obtenir ce que tu veux… et ce que je veux, tu sais ce que tu dois faire… !

Je sais ce que je dois faire, mais les mouvements du jouet en bois sont divins. Juste divins. Je ferme les yeux, me laisse emporter par cette douce sensation… Je ne sais même plus si je gémis, si tu gémis… C’est un peu comme si tous mes sens étaient concentrés sur cette sensation…

J’écarte enfin mes fesses et je sens sous ma main comme ma peau est brûlante, malgré le gel qui la recouvre. Au ralenti, comme nous l’aimons tant, tu entres en elles, sans cesser les mouvements dans mon vagin.

Combien de temps s’écoule ainsi ? Au bout de combien de minutes, d’heures, jouissons-nous enfin ? Une fois encore, je ne saurais le dire. Je ne sais même pas si je suis restée consciente après l’orgasme. J’ai le souvenir de ta morsure, celle que j’aime tant, à la naissance de mon épaule. Le souvenir de la douceur avec laquelle tu me déposes sur le lit. De ta douceur quand tu m’enlaces avant de me souhaiter une bonne nuit au creux de tes bras.

Paulo Eleuteri Serpieri – « Drunna »

Sensation (première partie)

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