85ème Division (2015)


Je n’aurais jamais imaginé qu’il y aurait tant de passage à cet endroit précis, à cet heure-là, en ce jour donné.

Tu m’as proposé, hier, ce rendez-vous en me prévenant que tu n’auras qu’une heure ou deux à nous accorder. Tu m’as demandé si ça me convenait quand même. Quelle question !

Fébrile, je t’attends, guettant ton arrivée.

Pour donner le change, je fais semblant de photographier les tombes.

En réalité, j’en profite pour repérer un recoin où nous pourrions nous abriter le temps de cette pipe furtive.

À vrai dire, je sais déjà que je n’en trouverai pas. Ou alors, nous serions dans une position trop inconfortable pour que mes baisers soient à la hauteur du plaisir que je veux nous donner.

Je t’ai vu remonter cette allée et mon cœur s’est emballé, alors, j’ai détourné mon regard pour le calmer.

Tu réussis l’exploit d’être encore plus séduisant que jamais… Ta barbe de quelques jours te donne un je-ne-sais-quoi d’irrésistible.

J’aurais voulu garder ça pour moi, mais c’est une des premières choses que je te dis.

Trop de monde. Trop de lumière. Nous décidons d’aller ailleurs pour nous étreindre en toute tranquillité.

Quand je suis montée dans ta voiture, une bouffée pleine de souvenirs divers et torrides m’a assaillie.

Après quelques minutes, nous voici arrivés dans ce bois, où, jour férié oblige, il y a pas mal de monde.

Nous n’avions  pas prévu que notre désir irait au-delà de cette pipe que nous nous étions promise.

Nous n’avions pas prévu que je me sentirai tellement à l’aise… que toi aussi, tu te laisserais aller ainsi. Alors, nous devons composer avec cet inconfort total.

Assis sur un tronc d’arbre, nous partageons l’alcool, les caresses, les cigarettes, et les baisers.

La lumière t’auréole d’une façon troublante, presque surnaturelle…

Tu sais la puissance de tes mots, de ta voix. Tu connais leur effet sur moi. Mais je veux croire, à cet instant précis, que cette douce litanie que tu psalmodies, n’est pas feinte.

Que je te fais réellement du bien.

J’aime cette sensation de faire l’amour avec ma bouche. Je l’aime un peu plus à chaque fois.

Si nous ne voulons pas tomber sous le coup de l’article 222-32 du Code Pénal, tu dois être aux aguets. Tes sens aiguisés te rendent plus réceptif encore, plus désinhibé. Je n’aurais pas cru ça possible.

N’y tenant plus, tu me prends un peu, mais tu penses que cet homme, au loin, a repéré notre manège.

Alors, je reprends mon activité buccale…

Tu as tellement envie de moi… même ton souffle… chaque cillement de tes paupières… chaque palpitement des ailes de ton si joli nez… ton regard… tout ton être, absolument tout ton être me hurle ton désir… ce désir fou que tu as de moi…

Mais l’assiduité de notre spectateur commence à t’agacer, alors, nous nous relevons et cherchons un autre endroit propice à notre moment de sensualité.

Tu me demandes si celui-ci me convient. J’ai une telle envie de toi, une telle soif de ton corps que j’oublie toute prudence et ne prête aucune attention aux alentours.

– Oui ! Ici, c’est parfait !

Ma voix m’a trahie. Tu me regardes, un peu blasé, presque amusé, et tu poursuis ton exploration.

J’aime pouvoir me laisser aller à mes imperfections, voire les revendiquer. Pourquoi avec toi, avec toi seulement, me sens-je tellement à l’aise quand je baisse le masque ? Je n’ai aucune envie de jouer un rôle, je t’offre la femme que je suis. Sans faux-semblant. Avec la conviction que mes défauts, mes faiblesses font aussi partie du charme que tu me trouves.

J’en étais sûre ! Je le pressentais depuis ta remarque, cette soirée là, dans cet autre parc… quand tu me parlais de tes souvenirs qui te paraissaient fiables et qui ne l’étaient pas…

Oh… ! La précision, la douceur, l’agilité de ta langue… ! Comment mon corps a-t-il pu oublier la perfection de ce contact ?

J’aime que le plaisir que nous nous offrons nous fasse oublier l’inconfort des positions que nous sommes obligés de prendre.

J’aime me sentir visitée, comme tu me visites…

J’aime sentir mon corps s’ouvrir sous tes caresses, s’offrir totalement à tes désirs, à tes fantaisies… Tu n’as pas à forcer le chemin, tu me pénètres tout en douceur.

Tes mots, ta voix, même s’ils ne sont pas l’unique moteur, contribuent à me faire décoller vers cette galaxie de jouissance au rythme des battements de mon cœur, de tes mouvements, de tes gestes.

Tu aimes ce que nous faisons, mais tu veux en profiter encore un peu. Tu ne veux pas jouir tout de suite… alors, une fois encore, tu nous fais changer de lieu. Du moins, c’est ce que je crois sur le moment. J’apprendrai, plus tard, que la vision de cet homme se branlant en nous regardant, te perturbait, gâchait un peu ton plaisir, t’agaçait aussi. Quant à moi, je ne pouvais pas le voir.

Nous voici, toi allongé au pied de cet arbre, moi assise à tes côtés, penchée sur ton sexe qui fait si bien l’amour à ma bouche… à moins que ce ne soit ma bouche qui le lui fasse…

Peu importe !

Tes mains, tes baisers, ton corps, le mien, ma bouche gourmande, ma langue polissonne… tu jouis enfin et je me sens exister.

Que j’aime ton goût dans ma bouche !

Que j’aime ton cri, tes mots… !

Tu n’avais que peu de temps à nous consacrer. Ça fait bientôt quatre heures que nous nous sommes retrouvés, un dernier verre, une dernière cigarette, et nous nous mettons en route.

Je suis tellement heureuse… même l’inflexion de ta voix, bougonne, me charme… y compris quand tu m’accuses indûment d’avoir égaré cet accessoire auquel tu as l’air de tenir plus qu’à la prunelle de tes si beaux yeux !

Voici ce qui arriva le lendemain…

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