Chacun son tour (2015)


Nous marchons le long de ce canal.

Le ciel est dégagé, le soleil brille, timidement, mais il brille tout de même.

Pourtant, j’ai l’impression d’avoir une chape de plomb sur mes épaules.

Pour la première fois depuis que nous nous connaissons, nous ne nous regardons pas l’un l’autre, ni ne regardons dans la même direction.

Je regarde mes pieds.

Toi, tu regardes sur ta droite.

Même nos mains semblent s’éviter. Nous nous tenons juste du bout des doigts, un peu comme ces couples qui n’ont plus rien à se dire, mais qui n’ont pas trouvé le courage de se séparer.

Cela m’est insupportable.

Je m’arrête devant cette péniche, te forçant à en faire autant, je plante mes yeux dans les tiens.

– Si tu me laissais te prendre comme tu m’as prise ce matin, toi aussi tu me crierais les mots que je t’ai criés.

Tu as un regard énigmatique.

Pour la deuxième fois aujourd’hui, je ne comprends pas ce qu’il signifie.

– Tu es en train de me dire que tu voudrais me baiser comme une petite salope, ce soir ?

Je crois déceler une forme de provocation dans ta voix.

– Non. Pas ce soir…

– Ah…

Là, je te sens déçu.

– Pas ce soir, mais tout de suite !

Ça y est ! Ton regard est redevenu lumineux et un sourire épanoui éclaire à nouveau ton visage !

– On s’autorise une pause déjeuner, avant ?

– Oui, prenons des forces, nous en aurons besoin.

Pendant que nous nous restaurons dans ce café, tu me demandes pourquoi je m’agite comme ça sur ma chaise.

– J’ai toujours le plug et ça me fait un drôle de ploc ploc, quand je me balance ainsi…

– Tu aimes vraiment cette sensation ?

– Si tu es docile, tout à l’heure et que je suis de bonne humeur, je te le prêterais…

De retour à l’appartement, tu me demandes, me supplies presque, de m’équiper devant toi. De ne pas me réfugier dans la salle de bain, mais de te laisser me regarder à chaque étape.

– Montre-moi que cette idée t’excite, si tu veux que j’accepte.

Alors, tu commences une sorte de parade nuptiale très ambiguë… à la fois violemment virile et sensuellement féminine…

Je suis assise sur le lit. Tu tournes debout devant moi.

Tu sais à quel point ce déhanchement précis me rend folle de désir…

Oui, tu as bien mérité que je te montre mes préparatifs !

Mais avant, je t’attrape par la queue, pour te faire venir à hauteur de ma bouche et je commence à te lécher les couilles.

Immédiatement, tu tentes de te dégager, de te positionner de telle façon que je n’aie pas d’autre choix que de te lécher, de te sucer l’anus.

Alors, je te pousse sur le lit, t’écarte les jambes comme si tu n’en mourrais pas d’envie, et commence à te titiller avec ma langue.

– Non, petite salope, ne te branle pas ! Garde tes mains posées sur ma tête et laisse-toi faire !

Ces petits cris que tu pousses pendant que je te domine ainsi, me rendent folle à mon tour.

– Regarde… regarde bien comment je me prépare ! Donne-moi ta main avant que je mette le harnais… tu sens comme tout ça m’excite ?

Je te regarde fixement, tu sembles prêt à exploser de désir…

Le gode à la main, je te dis :

– Tu bandes comme un âne à l’idée de l’avoir bientôt dans le cul, non ?

– Oh… ! Prends-moi !

– Comment veux-tu que je te prenne ?

– Comme une catin… comme une salope !

– Tu vas crier aussi ?

– Oui !

– Mais crier pour de vrai ? À t’en déconnecter le cerveau ?

– Oh… !

Combien de temps durent ces préliminaires ?

Aucune importance, ce que j’aime, c’est voir tes yeux chavirer de désir pendant que j’enduis mes doigts et le gode de gel.

Je te veux à quatre pattes au pied du lit.

Je rentre un doigt.

– Oh… !

Je le ressors. J’en rentre deux…

– Oh… !

Tes premiers soupirs se transforment en cris. J’aime te sentir à ma merci.

– Cambre-toi, si tu veux que je te prenne.

Tu m’obéis, je me mets au bord de ton anus…

Tu cherches à te coller à moi, à t’empaler sur le gode.

Donc, je me recule.

– Tu ne te cambres pas assez, salope !

Alors, tu te cambres encore mieux.

Je rentre de quelques centimètres… Je sens que tu te laisses aller, que tu perds le contrôle…

Je me retire encore.

– Cambre-toi mieux ! Montre-moi, dis-moi comme tu en as envie !

Tes mots se noient dans tes cris.

Tu me supplies de t’attacher, de te prendre encore plus fort, encore plus loin…

Je me retire et, jouissant de ce sentiment de puissance, t’assène une claque sèche sur les fesses.

– Allonge-toi sur le lit… Non ! Sur le dos ! Pose tes jambes sur mes épaules… Regarde-moi !

Tu luttes pour t’accrocher à mon regard, pris entre le besoin de fermer tes yeux, et le désir de m’obéir.

Alors, je rentre au plus profond de toi.

J’aime quand tu ondules comme ça.

Je pourrais me satisfaire de légers va-et-vient, mais ce dont j’ai envie, c’est de te prendre à fond puis de sortir complètement pour mieux te prendre encore et encore.

Tu es entièrement à moi et en même temps, tu décolles vers une autre planète.

Tu me supplies de te caresser, de t’embrasser.

– Tu es ma salope, c’est moi qui décide !

Ta bouche est trop tentante, ton corps aussi.

Alors, tout en te prenant, je commence à t’embrasser, à te caresser, faisant semblant de ne pas me préoccuper de ton plaisir.

Je me retire une fois encore, t’allonge sur le côté, et entre en toi, tout en te branlant et en tétant le lobe de ton oreille.

Quand tu exploses… enfin, quand je te laisse exploser de plaisir, toi aussi tu hurles ces mots que tu m’as fait crier ce matin.

Samedi après-midi

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