Londres, dernière soirée (2014)


Nous sommes jeudi, le soleil me fait de grands sourires et les nuages de jolis clins d’yeux.

Ce soir, ce sera notre dernière nuit à Londres.

Nous ne nous le dirons jamais, mais je sais que tu es aussi heureux que je le suis de t’endormir à mes côtés et d’être réveillé par mes pipes matinales.

Avec un sourire malicieux, te disant :

« Orgasme du matin, éloigne le médecin ! »

J’avais prévu de profiter de ce séjour londonien pour faire du shopping. En fait, je me contente de me promener sans but précis, je regarde les vitrines, profite des parcs, tous les sens en éveil.

J’ai aussi remarqué que ce qui, en temps normal, m’aurait agacée, me fait sourire.

Je me sens heureuse.

Sereine.

Épanouie.

Comblée.

Et j’en suis reconnaissante à la vie.

Dans deux heures, nous nous retrouverons pour aller dîner, mais je ne sais pas où tu as décidé de m’amener.

Je suis rentrée plus tôt que d’ordinaire, pour me préparer.

Pour faire la peau encore plus douce qu’elle ne l’est à l’accoutumée.

Je suis entrée dans la salle de bain, pour m’en faire couler un.

Tu es assoupi dans la baignoire.

Tu as l’air épanoui, toi aussi.

J’aime ton sourire quand tu fais onduler l’eau sur ton corps, comme une caresse.

Je commence à me toucher doucement, en regardant ton sexe flotter, ballotter à la surface de l’eau.

Je le trouve émouvant quand il ne bande pas. Attendrissant.

Je vais finir par croire que tu avais raison en me disant que je l’ai transformé en radar !

Je ne suis dans la salle de bain que depuis quelques instants à peine et tu te mets soudain à bander très fort.

Tu fronces un peu les sourcils, perplexe, et tu ouvres les yeux.

Le sourire que nous nous renvoyons l’un l’autre est magnifique.

Nul besoin de mots.

Nous sommes complices et pleinement conscients de l’être.

Je fais exprès de prendre tout mon temps pour déboutonner le devant de ma robe.

Mais à force de jouer à ce jeu, mes seins deviennent lourds et se tendent dans mon soutien-gorge. Je le dégrafe.

Je ne sais pas si j’ai envie de l’ôter totalement.

Je m’installe sur le rebord de la baignoire, un peu comme sur ce dessin de Serpieri que nous nous étions échangé sur le réseau, avant même que l’idée de nous rencontrer nous effleure l’esprit.

Tu n’as pas besoin de mot pour m’expliquer combien ça te plaît.

Pourtant, tu me les dis.

Tu sais depuis le début que les mots me font voyager.

C’est pour cette raison que nous nous étions imposé cette contrainte lors de nos premiers rendez-vous : « nous ne prononcerons pas un mot, ni ne chercherons à voir le visage de l’autre… »

Premier rendez-vous
Second rendez-vous

Tu me dis : « J’ai envie que tu te touches en suivant mes indications… »

J’ai un petit sourire pour te faire comprendre que je les suivrai.

– Ne te déshabille pas plus que tu ne l’es… garde tout ça sur toi… Approche-toi de moi… plus près… montre-moi tous tes trésors…

Je me fais impudique quand tu me demandes d’écarter mes lèvres, et de me rapprocher encore.

Tu es si près de mon sexe… quelques mouvements de ton visage, et tu pourrais me faire jouir…

Tu ne veux pas que je me frotte à toi.

Je te supplie de me caresser un peu… j’aime tellement le contact de tes doigts… de ta langue…

En fait, de tout ton corps…

Tu restes inflexible.

J’ai même essayé de te faire changer d’avis en remuant mon bassin de la façon la plus lascive possible, étant donné la position périlleuse.

– Bien tenté, ma douce, mais rien à faire, je veux être spectateur ce soir !

Pour te punir, et pour te faire comprendre que ce soir je n’ai pas envie de t’être totalement soumise, je me relève, m’installe à nouveau sur le rebord de la baignoire, presque dans la même position, sauf que je te tourne le dos, que je regarde le mur.

– Voilà, comme ça, tu ne verras rien, ce sera ta punition !

J’aime quand tu éclates de rire.

– Ça va, j’ai connu pire, comme punition ! Cambre-toi un peu plus, mon point de vue sera parfait…

Tes mots… ta voix… mes doigts…

– N’arrête pas de parler ! À quoi tu penses, là maintenant ?

– J’ai envie de ton cul, mais je veux que cette première fois, soit inoubliable…

Tu écartes mes fesses, tu me lèches, tu me fouilles…

Putain, ce que c’est bon… !

Je sais, je sens, que désormais mon corps est prêt pour ce que je redoutais tout en le désirant ardemment.

Le temps a suspendu son vol.

Nos râles ont remplacé nos mots…

Tu m’attrapes par la taille, me prends dans tes bras, me renverses dans la baignoire qui déborde un peu…

L’eau est idéalement tiède.

Tu me caresses enfin.

Je te caresse en retour, ton sexe entre mes jambes.

Puis ton sexe dans le mien.

À nouveau, tu ressors.

À nouveau, nous nous caressons mutuellement.

Tu mordilles la naissance de mon cou.

Puis ton sexe dans le mien.

Comme une ronde sans fin…

Depuis combien de temps sommes-nous dans la baignoire ? L’eau est froide depuis longtemps, mais aucun de nous deux n’a eu la force de tourner le robinet et en faire couler de la chaude…

Nous jouissons avec une violence rare.

Il nous faut encore quelques minutes avant d’avoir la force d’envisager de sortir de la baignoire.

Mes vêtements sont trempés, pendant que nous nous essuyons, tu me demandes :

– À ton avis, c’est quoi le dicton adapté à la situation ?

– Orgasme du soir, espoir !

Pour finir ce séjour en beauté…

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