Quatrième rendez-vous (2014)


J’ai réfléchi au moins deux heures avant de trouver la solution pour notre quatrième rendez-vous.

Et celle-ci s’est imposée à moi.

Il a aimé me faire partager son goût pour les hôtels de luxe et la mise en scène soignée. Je lui ferai donc partager le mien pour l’improvisation et les situations périlleuses…

J’aime beaucoup l’idée d’être surprise, observée quand je prends du plaisir et que j’en donne.

Je lui ai envoyé ce message « Tiens-toi prêt à te transformer en petit lapin lubrique », avec le lieu et l’heure du rendez-vous.

Nous nous retrouvons donc devant mon magasin de lingerie préféré.

Je lui explique que je suis une bonne cliente (en réalité, je suis une très bonne cliente), que je n’ai jamais fait ce que nous allons tenter de faire, mais que c’est avec lui que je veux m’amuser comme ça.

Nous entrons.

La propriétaire nous salue et je lui dis sur un ton à la fois dégagé, mais un peu gêné quand même, que j’hésite entre différents modèles de dessous que je compte mettre pour « une occasion très spéciale » (d’un air convenu, pour m’assurer ses bonnes grâces).

« Mon ami pourrait-il rester avec moi dans la cabine d’essayage ? Je tiens à ce qu’il choisisse lui-même »

« Mais bien sûr ! »

Je tourne dans la boutique, choisissant différents modèles.

J’ai tout calculé.

J’en prends suffisamment pour nous laisser le temps.

Et surtout, je choisis des modèles plutôt longs à revêtir.

Je me trouve maline et suis très fière de moi !

Il entre avec moi dans la cabine.

Elle est plus grande qu’il ne le croyait.

J’aime son regard un peu paniqué et beaucoup excité.

Je lui dis de ne surtout pas baisser son pantalon, juste sortir son sexe.

Il m’obéit.

Normal, c’est un rendez-vous pair…

Moi, je me déshabille totalement.

Il est surpris de constater que je suis entièrement nue sous ma robe d’été.

Je m’adosse au mur et lui demande de se caresser très vite en me regardant me donner du plaisir.

Il s’exécute.

Soudain, me prend l’envie de lui rouler la pelle du siècle.

Alors, je me mets face à lui, l’embrasse, son sexe entre mes cuisses faisant un mouvement de va et vient contre mon clitoris.

Quand il me dit : « Tu me rends fou à mouiller comme ça pour moi », mon orgasme explose.

Il sent les palpitations de mon sexe contre le sien.

Il jouit à son tour, je sens son sperme sur mes fesses et j’aime vraiment ça.

On a un peu tâché son pantalon, mais comme c’est au niveau de la braguette, seules les personnes mal intentionnées pourront le remarquer.

Nous sortons de la cabine d’essayage.

« Vous avez trouvé votre bonheur ? »

Je vais répondre que nous allons en parler un peu, que je repasserai dans la semaine, quand il dit : « ce modèle me semble idéal pour la circonstance » et il me l’offre.

Non content d’être un amant exceptionnel, cet homme est royal !

Sur le trottoir, il me demande si je veux venir boire un thé avec lui (il sait que j’ai le café en horreur), je lui réponds : « Pas le temps, honey, la seconde étape nous attend ! »

J’aime son air ahuri et ce sourire qui naît sur ses lèvres.

Je le trouve vraiment très beau.

Nous arrivons dans cette gare.

J’arpente les quais à la recherche d’un train à compartiments.

J’en trouve un, nous montons dans la voiture 12.

C’est un bon présage, c’est mon nombre porte-bonheur.

Je lui demande de me prendre en levrette et de faire vite avant que le train parte.

Il s’apprête à baisser le store, quand je lui dis que je ne le veux pas.

Ce sera plus jouissif si on risque d’être vus.

C’est un rendez-vous pair, il m’obéit.

Il a une nouvelle fois ce regard qui le rend irrésistible à mes yeux.

Excité.

Amusé.

Étonné.

Paniqué.

Je lui demande aussi de regarder les gens qui marchent sur le quai pendant que nous prendrons notre plaisir.

J’aime entendre ses commentaires quand il entre en moi.

Il aime se sentir à l’étroit, enserré et j’aime me sentir pleine, remplie de son sexe qui semble grossir entre chacun de nos rendez-vous.

Il n’arrête pas de parler, ses mots, sa voix haletante me font voyager bien plus loin que ne le ferait ce train si nous le prenions.

Il remarque soudain qu’on nous observe depuis le quai.

Je redresse la tête.

Ces sourires échangés et ce clin d’oeil complice nous conduisent à l’apothéose…

Nous descendons du train quelques instants avant son départ.

Je sens le sperme couler le long de mes cuisses et j’aime profondément cette sensation.

Nous sourions, béats, mais aucun de nous n’ose rompre le silence.

J’accepte son invitation à déjeuner.

Pendant le repas, nous sommes tellement complices que nous n’avons pas besoin d’échanger un mot. Nos regards, nos sourires sont suffisamment éloquents.

Au moment du dessert, je lui dis : « Il est temps pour nous d’aller honorer nos morts. »

Il comprend que l’aventure n’est pas terminée.

J’aime son sourire blasé et amusé.

En route vers le Père Lachaise, il me demande taquin, si nous devons acheter une gerbe de fleurs pour la déposer sur la tombe.

Je sais qu’il croit que nous allons nous « recueillir » sur celle de Jim Morrison. Les personnes de notre génération, qui aiment la musique que nous aimons, considèrent cette halte comme un passage obligé.

Mais je n’ai pas le sens des obligations.

Et je tiens à ce qu’il me sache toujours imprévisible.

Je veux baser notre relation sur la surprise, l’exceptionnel.

Je ne pense pas qu’il l’ait déjà compris, mais ma plus grande crainte est qu’il m’oublie un jour, que je disparaisse de sa mémoire.

Il ne comprend pas pourquoi je m’arrête soudain.

Je lui dis « Voici la tombe de Guillaume Dupuytren. Connais-tu la maladie qui porte son nom ?

Sais-tu qu’elle engendre une paralysie progressive de la main ? 

Imagine comme nous serions malheureux, si nous perdions cette agilité à tout jamais…

Pour conjurer le sort… « 

Je glisse ma toute petite main agile dans son pantalon, sors son sexe si dur, si gros et commence à le caresser.

Nous nous faisons face. Il soulève ma robe et me plaque contre lui pour que les visiteurs pensent que nous nous étreignons, mais ne remarquent pas que nous masturbons mutuellement.

Grâce à dieu, ses doigts sont toujours aussi agiles, habiles !

Les miens aussi…

J’aime quand il mord la naissance de mon cou pour atténuer la  puissance de son cri rauque.

Il a compris ce que je voulais et répand sa semence sur la tombe.

La vision de son sexe jouissant ajouté à la précision de ses caresses déclenche mon troisième orgasme de la journée.

Il y a encore cette lueur dans nos regards et ce sourire sur nos visages.

Nous sortons du cimetière.

Il me dit : « Je n’en peux plus, j’ai les jambes coupées… »

Je lui réponds : « Ne t’inquiète pas, tu vas pouvoir t’asseoir, à cette heure, il n’y a pas grand monde dans le métro et dans le RER »

« Ce n’est pas fini ? Tu veux ma mort ou quoi ? Ce que nous faisons… la crainte qu’on nous surprenne… je n’ai plus vingt ans… ! »

Je lui explique alors que je veux lui faire visiter, dans la ville où j’ai grandi, l’un des deux monuments qui faisaient ma fierté de petite banlieusarde.

Nous arrivons devant cette église, qui ne paie pas de mine, et je lui montre, de chaque côté, les arcs boutants en lui faisant remarquer qu’il n’y en a habituellement pas sur les églises romanes.

C’est parce que cette église a servi de « maquette » avant la construction de Notre-Dame de Paris, pour tester la fiabilité de ces fameux arcs boutants.

D’où ma fierté !

Il me regarde avec tendresse, je crois que c’est la première fois, il me caresse la joue en me disant : « On dirait que tu as dix ans… »

Nous nous regardons vraiment émus.

Je sais qu’à cet instant précis, nous comprenons l’importance que prend cette aventure dans notre vie.

Après quelques instants de trouble, je brise le silence en disant : « J’ai beaucoup péché, mon père, je pense qu’il est temps pour moi de me confesser »

« Tu ne respectes donc rien ! » dit-il en éclatant de rire.

Je l’entraîne à l’intérieur de l’église.

Dans le confessionnal.

Il prend la place du prêtre, je m’agenouille comme je peux devant lui et je commence à le sucer.

Non sans lui avoir demandé, au préalable, qu’il m’indique comment faire pénitence.

Je me fais dévote et suis ses indications.

Je sens son plaisir monter sous ma langue, ça me fait comme des petites décharges électriques.

Quel plaisir je prends… et je sais qu’il en a conscience car à chaque bouffée de plaisir, je deviens plus ardente encore.

Il jouit dans ma bouche.

J’ai toujours cette sensation de noyade.

J’avale son sperme et, avant que je puisse le regarder, comblée, il me tapote la tête en me disant « Bien, ma fille, tous vos péchés sont absous »

Nous sommes donc de la même espèce et cette pensée me bouleverse.

En sortant de l’église, nous croisons le prêtre, qui regarde, étonné, ces deux visiteurs inattendus.

Avant de nous séparer, je lui dis en souriant : « Mon objectif était quatre orgasmes différents pour notre quatrième rendez-vous… »

Quelques rendez-vous plus tard… voici comment a évolué cette relation

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2 réflexions sur “Quatrième rendez-vous (2014)

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