Errance (2014)


Errance (2014)

La pluie ruisselait sur mes joues ; ça tombait bien, j’avais justement envie de pleurer.

Ma tête était vide, comme si mon cerveau avait accroché un petit panneau « en grève ». Je ne voyais rien. Je n’entendais rien. Pourtant, j’avançais droit devant moi.

Je pris conscience de tout ceci quand une voiture faillit me percuter. Le conducteur fit ce geste avec ses mains… celui qui signifie à la fois « mais qu’est-ce que tu fous ? » et « ça va pas la tête ? »

Il avait raison. Non, ça n’allait pas, ma tête. Mais j’aurais été bien incapable, à cet instant précis, de répondre à la première question.

D’ailleurs, avant d’y songer, il aurait fallu que je sache où j’étais.

Le nom de plusieurs villes tournait dans ma tête, sans que je sache dans laquelle je déambulais.

Petit à petit, mon cerveau reconnectait les neurones les uns aux autres.

Après un moment, je ne saurais dire s’il fut court ou bien long, j’eus l’idée de regarder la plaque de la rue.

Je sus que j’étais en France.

J’aurais pourtant parié que j’étais en Allemagne.

Mes pensées s’ordonnaient comme les pièces d’un puzzle. D’une façon tout aussi incohérente, et au même rythme irrégulier. Le tableau devenait de plus en plus lisible.

Le pire était une fois de plus arrivé. Pourquoi les catastrophes et les malheurs collaient-ils à ma vie comme un chewing-gum à la semelle de mes chaussures ?

Et puis, toujours sans que je puisse contrôler quoi que ce soit, des pièces colorées se mirent en place dans ce puzzle.

Non. Le malheur et la catastrophe n’étaient pas les seuls moteurs de ma vie.

Par petites touches, me revinrent en mémoire ces moments de bonheur absolu. Ces regards… Ces sourires…

J’étais arrivée devant l’entrée d’un jardin public. Je m’assis sur un banc. Il était mouillé et loin de m’irriter, cette constatation m’amusa.

La pluie avait cessé ; ça tombait bien, je n’avais plus envie de pleurer.

Un moineau venait de chiper je ne sais quoi à un gros pigeon gris.

Je souriais.

Je pris une inspiration, regardai le ciel et me dis que j’attendrai que l’arc-en-ciel ait disparu avant de me lever.

Jardin public

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